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ALERTE INCENDIE À BNP PARIBAS: DES MILITANTS DÉNONCENT LE SOUTIEN DE LA BANQUE AUX ENTREPRISES RESPONSABLES DE DÉFORESTATION

ALERTE INCENDIE À BNP PARIBAS: DES MILITANTS DÉNONCENT LE SOUTIEN DE LA BANQUE AUX ENTREPRISES RESPONSABLES DE DÉFORESTATION

Paris, 17 juin 2021 - Ce matin, une dizaine de militants de l’ONG Canopée se sont rendus dans l’agence BNP Paribas du boulevard Sébastopol à Paris où ils ont déclenché une alarme incendie afin d’alerter sur la responsabilité de la banque dans les feux de forêts au Brésil. (voir video ici).

Cette action fait suite à plusieurs alertes restées sans réponse satisfaisante malgré l’urgence :

  • BNP Paribas a accordé près de 200 millions de dollars de financements liés au risque de déforestation à Cargill et Bunge entre 2015 et 2020 (1).
  • Plus de 60 000 hectares de forêts et d’écosystèmes ont été détruits par chacune de ces deux entreprises en 2019 et 2020 pour cultiver du soja au Brésil (2).
  • BNP Paribas n’a pris aucune mesure concrète et urgente pour couper ses liens avec ces entreprises. En février 2021, BNP a annoncé un objectif vague, et sans plan d’action concret, pour mettre fin à ses soutiens à la déforestation à l’horizon 2025 (3).
  • En mai 2021, la déforestation en Amazonie a augmenté de 41% par rapport à mai 2020. Un nouveau niveau record qui augure du pire pour la saison des incendies qui commence (4).

“C’est parce que BNP Paribas ne semble pas comprendre l’urgence à agir que nous venons tirer la sonnette d’alarme. S’il y avait vraiment le feu dans les agences, est-ce que la banque attendrait 2025 pour éteindre l’incendie?” explique Klervi Le Guenic, chargée de campagne chez Canopée.

BNP fait la sourde oreille. La banque est soumise à la loi sur le devoir de vigilance mais n’a toujours pas intégré des mesures pour réduire son exposition au risque de financer des entreprises dans la déforestation.” ajoute Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes chez Canopée.

Près de 140 000 personnes se sont mobilisées pour demander à BNP d’arrêter de financer la déforestation (5). Si dans ses déclarations la banque promeut de grands engagements, ses réponses concrètes ne font en réalité preuve d’aucune ambition. Nous espérons que cette fois-ci, BNP saura user de son leadership à bon escient et renforcer sa politique pour enfin être à la hauteur de l’enjeu.” ajoute Leyla Larbi, chargée de campagne chez SumOfUs.

“BNP Paribas est le premier financeur au monde des activités à risque de déforestation des plus grands traders de soja du Brésil, Cargill et Bunge. Son virage est donc fondamental, mais ne doit être qu’un premier pas vers une transformation nécessaire du secteur financier, qui leur a accordé plus de 2 milliards d’euros entre 2015 et 2020” (6), conclut Nico Muzi, directeur européen chez Mighty Earth.

Contact presse:

Leyla Larbi, Chargée de campagnes, SumOfUs, +33 750 960 130
Klervi Le Guenic, Chargée de campagnes, Canopée, +33 7 52 64 08 54
Nico Muzi, Directeur Européen, Mighty Earth, +32 484 27 87 91

Notes
(1)https://forestsandfinance.org
(2)https://www.mightyearth.org/wp-content/uploads/Mighty-Earth-tracker-update-FRENCH-V2.pdf
(3)https://www.canopee-asso.org/bnp-paribas-donne-5-ans-de-sursis-a-la-deforestation-liee-au-soja/
(4)https://www.oc.eco.br/en/novo-recorde-em-alertas-mostra-que-crime-ditara-taxa-de-desmate/
(5) https://actions.sumofus.org/a/bnp-paribas-stop-a-la-deforestation
(6)https://forestsandfinance.org/


French- Sondage : Neuf clients de Carrefour sur dix conviennent que les supermarchés ne devraient pas faire affaire avec les déforesteurs

Sondage : Neuf clients de Carrefour sur dix conviennent que les supermarchés ne devraient pas faire affaire avec les déforesteurs

Sondage : Neuf clients de Carrefour sur dix conviennent que les supermarchés ne devraient pas faire affaire avec les déforesteurs.

L’inquiétude des consommateurs est forte alors que de nouvelles données montrent que la déforestation liée à la viande de supermarché s’accélère

Les ONGs Mighty Earth et SumOfUs exhortent Carrefour à cesser de s’approvisionner auprès des entreprises impliquées dans la destruction de l’Amazonie et du Cerrado au Brésil.

Une écrasante majorité de clients de Carrefour en France (89%) pense que les supermarchés ne devraient pas commercer avec les entreprises responsables de déforestation au Brésil, comme le montre un nouveau sondage YouGov réalisé pour Mighty Earth [1]. Malgré cela, le géant de la grande distribution continue de s’approvisionner auprès des entreprises les plus impliquées dans la déforestation, notamment Cargill et Bunge, les deux plus grands négociants en soja du monde, et JBS, leader mondial de la viande bovine.

De nouvelles données du Tracker de la déforestation liée au soja et à l’élevage de Mighty Earth, publiées aujourd’hui, ont trouvé deux fois plus de déforestation dans les chaînes d’approvisionnement de ces négociants en soja et de ces transformateurs de viande au cours de l’année écoulée par rapport à l’année précédente [2].

Le suivi couvre la période de mars 2019 à mars 2021 et montre que les deux plus grands importateurs européens de soja, Bunge et Cargill, sont les négociants en soja les moins performants. Cargill est lié au défrichement de plus de 66 000 hectares, tandis que Bunge est lié au défrichement de près de 60 000 hectares. Au total, c’est une superficie équivalant à plus de douze fois celle de Paris qui a été défrichée.

Malgré cette spirale de déforestation, une seule entreprise sur les 235 enregistrées dans le rapport de Mighty Earth’s a définitivement rompu tout lien avec un fournisseur responsable de déforestation.

La tendance à l’aggravation de la déforestation causée par les négociants en soja et en viande est corrélée à l’augmentation globale de la disparition de la forêt brésilienne. L’année dernière, la déforestation au Brésil était supérieure à celle des six pays suivants réunis, selon les données de l’Université du Maryland et de la plate-forme de surveillance numérique Global Forest Watch [3].

La production industrielle de viande implique l’élimination de surfaces forestières pour élever du bétail et pour la culture du soja destiné à la nourriture des poulets, des porcs et des vaches laitières. Le soja et le bœuf sont deux des trois produits importés dans l’UE qui ont entrainé le plus de déforestation entre 2005 et 2017.

Nico Muzi, directeur de la branche Europe de Mighty Earthdéclare: « La destruction des forêts au Brésil due à la vente de viande dans les supermarchés s’aggrave chaque année. Cela accélère le changement climatique et détruit l’habitat du jaguar. De plus, les clients de Carrefour sont clairs : ils demandent à leur supermarché de cesser tout commerce avec les entreprises impliquées dans cette destruction. Il est grand temps que Carrefour écoute ses clients et abandonne tout commerce avec les pires destructeurs des forêts brésiliennes que sont Cargill et Bunge. » 

Carrefour est le plus grand distributeur du Brésil, suite à l’acquisition du détaillant brésilien BIG il y a un mois, et le deuxième plus grand distributeur de France. L’année dernière, et malgré la pandémie, Carrefour a enregistré une croissance record de ses ventes de + 7,8%, réalisant sa meilleure performance en 20 ans [4].

En novembre 2020, Carrefour a mené une campagne volontaire dans ce secteur qui a entraîné tous les grands supermarchés français à s’engager à n’utiliser que du soja sans déforestation dans leurs chaînes d’approvisionnement. Au bout de six mois, Carrefour n’a pas fait de progrès significatifs dans la réduction de ses liens avec les négociants en soja les moins performants Cargill et Bunge, et ne parvient pas à susciter un réel changement sur le terrain [5].

D’autres supermarchés et entreprises de restauration rapide en France comme Leclerc, Casino, Auchan, Lidl, Burger King et Quick sont également coupables de vendre de la viande industrielle qui alimente la déforestation. Mais en tant que plus grand distributeur mondial basé en France et face à l’urgence climatique Carrefour doit montrer la voie, selon Mighty Earth et SumOfUs.

Chaque année, entre juin et septembre, les plus grands négociants en soja du monde s’associent aux grands producteurs brésiliens de soja dans le but de négocier des contrats d’achat pour l’année à venir. C’est la période de l’année où les entreprises se mettent d’accord sur les exigences contractuelles telles que des normes sans OGM ou les clauses empêchant l’achat de soja cultivé sur des terres déboisées après la date butoir de 2020.

Fatah Sadaoui, responsable des campagnes de SumOfUs, déclare : « La savane brésilienne du Cerrado est en grand danger et il faut agir pour la sauver tant qu’il est encore temps. Carrefour, leader français de la grande distribution sur le plan international, a une responsabilité envers notre planète et un devoir envers ses clients : réduire son impact sur les écosystèmes les plus précieux. Le message est limpide, les consommateurs sont inquiets et ils veulent un changement. Seulement, ni le Cerrado ni les 11 000 espèces qu’il abrite ne peuvent attendre davantage. En somme, ce que l’on attend de Carrefour, c’est d’agir au plus vite pour aider à sauver ce bijou de biodiversité ». 

L’agriculture est le principal moteur de la déforestation dans le monde. 80% de la disparition mondiale de forêts est due à la conversion des forêts en terres agricoles pour produire des denrées telles que le bœuf, le soja et l’huile de palme [6].

 

Notes à l’éditeur:

[1] Résultats du sondage YouGov:

  1. Les Français soutiennent la viande sans déforestation et sont prêts à passer à des marques plus durables
    a. Quatre citoyens français sur cinq (et 81% des clients de Carrefour) achèteraient très probablement de la viande sans déforestation la prochaine fois qu’ils se rendraient au supermarché si on leur en offrait
    b. Les deux tiers (66% pour tous et 69% des clients de Carrefour) changeraient de supermarché si celui-ci agissait davantage contre la consommation de poulet et de porc «déforestants».
  2. Manque de confiance dans les supermarchés en matière de déforestation.
    a. Les deux tiers (66%) ne font pas confiance aux supermarchés pour lutter contre la déforestation
    b. 86% pensent que les supermarchés ont l’obligation d’agir contre la déforestation.
  3. Rejet massif des supermarchés qui commercent avec des entreprises qui sont à l’origine de la destruction des forêts brésiliennes.
    a. Neuf Français sur 10 (89%) ont déclaré que les supermarchés ne devraient pas commercer avec des entreprises à l’origine de la destruction des forêts brésiliennes.
    b. 85% pensent que les gouvernements devraient obliger les supermarchés à agir contre la déforestation.

Habitudes alimentaires de plus de 2000 personnes interrogées en France: 66% consomment de la viande; 14% sont flexitariens; 5% sont végétariens + pescatariens + régimes à base de plantes; 1% sont végétaliens.

La taille totale de l’échantillon en France était de 2031 adultes. Le travail de terrain a été réalisé du 10 au 12 mars 2021. L’enquête a été réalisée en ligne. Les chiffres ont été pondérés et sont représentatifs de l’ensemble des adultes en France (18 ans et plus)

[2] Chaque mois, Mighty Earth et l’organisation de recherche Aidenvironment utilisent les alertes de déforestation par satellite des agences gouvernementales brésiliennes, des images de propriété, des enquêtes menées par l’équipe locale et un engagement avec les entreprises pour établir les liens entre les commerçants de soja, les transformateurs de bœuf et la destruction des forêts en Brésil. Le suivi de la déforestation du soja et du bétail de Mighty Earth relie les cas de défrichement à grande échelle en Amazonie et au Cerrado aux commerçants de soja et aux transformateurs de viande. Il ne rend pas compte de toute la déforestation au Brésil, qui est beaucoup  plus importante.

La totalité des données et la méthodologie sont disponibles sur : https://www.mightyearth.org/soy-and-cattle-tracker/

[3] Taux et statistiques de déforestation dans le monde par pays / GFW (globalforestwatch.org). Selon l’agence spatiale brésilienne (INPE), la déforestation de la forêt amazonienne dans le pays a atteint un niveau record en 12 ans.

[4] Carrefour a réalisé de solides performances en 2020, notamment dans ses pays clés: la France, l’Espagne et le Brésil. En France, les ventes ont progressé de 3,6%; L’Espagne a enregistré une augmentation de  +7,1% tandis que le Brésil a enregistré une croissance record de + 18,2%, avant l’achat de BIG. Tous les résultats financiers sont ici.

[5] Selon l’enquête de  Mighty Earth’s Soy and Cattle Deforestation Tracker publiée aujourd’hui, Bunge et Cargill sont les négociants de soja les moins performants, malgré leurs récents rapports en matière de développement durable  vantant leurs chaînes d’approvisionnement presque sans déforestation. Cargill est liée à plus de 66 000 hectares de défrichement – la plus grande surface parmi tous les autres négociants en soja. Parallèlement, Bunge est lié à près de 60 000 hectares de défrichement, dont plus d’un tiers dans des aires protégées.

Plus d’informations sur : https://www.mightyearth.org/soy-and-cattle-tracker/

[6] Les causes de la déforestation – FERN : https://www.fern.org/publications-insight/what-are-the-causes-of-deforestation-1975/


L’évaluation ISCO examine les plateformes publiques/privées pour un cacao durable

L’évaluation ISCO examine les plateformes publiques/privées pour un cacao durable

8/4/2021

Au cours des quatre dernières années, l’industrie du chocolat a adopté plusieurs réformes afin de lutter contre la déforestation, le travail des enfants et d’autres abus ayant cours dans le secteur du cacao.

Parallèlement à d’autres réformes, les “plateformes” public-privé pour un cacao durable, communément appelées “ISCO”, ont proliféré. Les ISCO rassemblent l’industrie, les entités gouvernementales et les organisations de la société civile des pays consommateurs de chocolat afin de promouvoir la durabilité du cacao.

En facilitant la collaboration entre l’industrie, le gouvernement et la société civile, les ISCO définissent des objectifs, fixent des cibles et surveillent les progrès. Elles sont une chance exceptionnelle pouvant permettre à l’industrie de passer à un cacao durable et nous applaudissons les organisations, les entreprises et les institutions qui ont rejoint ces plateformes de durabilité dans le but d’améliorer les performances sociales et environnementales du secteur.

Il faut cependant craindre que, malgré de bonnes intentions, les ISCO aient du mal à mettre leurs engagements en pratique. De plus, sans une pression supplémentaire de la société civile et des citoyens, le risque existe de les voir devenir un outil de blanchiment écologique de l’industrie. Enfin, si chacune des ISCO travaille de façon solitaire en élaborant ses propres définitions, ses ambitions, ses indicateurs de performance clés et si elles ont des dates butoirs divergentes, cela pourrait conduire au chaos plutôt qu’à une pression mondiale synergique en faveur de l’amélioration du secteur du cacao.

L’évaluation des ISCO est mise en œuvre pour exercer une pression en faveur de la synergie plutôt que de la divergence, de l’ordre plutôt que du chaos, des objectifs ambitieux plutôt que de la médiocrité, et aussi pour mettre en évidence les réussites. Nous espérons que cette évaluation encouragera les ISCO à concrétiser leurs engagements. Pour que l’industrie cacaoyère devienne réellement durable, des réformes sont nécessaires dans les pays consommateurs. La cohérence et la clarté seront les meilleurs propulseurs de ces réformes.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu des plateformes évaluées :

 

PAYS PLATEFORMES DATE DE LANCEMENT

 

Allemagne Initiative allemande pour un cacao durable (GISCO)

 

Juin 2012
Suisse Plate-forme suisse pour un cacao durable (SWISSCO)

 

Janvier 2018

 

Belgique Beyond Chocolate (partenariat pour une industrie chocolatière belge durable, “BISCO”)

 

Décembre 2018
Japon Plate-forme pour un cacao durable pour les pays en développement (dénommée officieusement “JAPANISCO”) Janvier 2020
Pays-Bas Initiative néerlandaise pour un cacao durable (DISCO)

 

 

Août 2020
France Le Syndicat du Chocolat (FRISCO)
 

 

États-Unis

Les États-Unis n’ont pas réussi à mettre en place une plateforme permettant à l’industrie, au gouvernement et à la société civile de se réunir et de définir une marche à suivre pour les importations de cacao durable.

 

 

RAS

Royaume-Uni De même, le Royaume-Uni a échoué pour son inaction.

 

 

RAS

 

Les 12 critères de durabilité comprennent la structure, les engagements, les objectifs, les activités et les prises de positions des plateformes sur des questions telles que la traçabilité et la transparence, la déforestation, l’agroforesterie, l’utilisation de produits chimiques et le travail des enfants. Certains de ces critères, comme la déforestation, apparaissent familiers à toute personne ayant consulté l’une des publications de Mighty Earth sur le cacao. En effet, nombre de ces critères sont mis en évidence dans nos précédentes fiches d’évaluation de Pâques dans lesquelles nous avons noté les acteurs du secteur du cacao tels les négociants, les fabricants et les supermarchés en fonction de leurs performances environnementales et sociales, en attribuant des notes “bonnes”, “moyennes” et “mauvaises” pour les performances relatives aux critères individuels ainsi que des notes pour les performances globales de l’entreprise. À l’instar des négociants en cacao et des fabricants de chocolat qui sont tenus responsables et notés, les plateformes qui cherchent à réformer le cacao au niveau national doivent également l’être.

L’objectif de ce classement ISCO n’est pas de créer une concurrence antagoniste entre les plateformes, ni de pénaliser les plateformes récemment créées parce qu’elles ne sont pas plus avancées. Le but est plutôt de créer une course vers le sommet, d’inciter toutes les plateformes à apprendre les unes des autres et à s’entraider pour mieux faire.

La valeur que les plateformes de durabilité du cacao ajoutent au secteur est reconnue. Il faut les encourager à mieux articuler des engagements synergiques et partagés autour des questions qui sont au cœur de la durabilité du secteur. En outre, notre objectif est de soutenir les plateformes avec une feuille de route, afin qu’elles concrétisent leurs engagements et collaborent pour faire face aux défis complexes.

Pour les plateformes nouvellement établies, ce tableau de bord peut aider à orienter les discussions sur la façon dont elles aborderont les questions clés. Pour les marchés qui envisagent de développer une plateforme comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, ce tableau de bord sert de point de départ.

L’initiative japonaise pour la durabilité du cacao, JAPANISCO, en est une belle illustration puisqu’elle coïncide avec le nouvel engagement louable du gouvernement japonais d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Le Japon s’apprêtant à devenir un leader mondial et à servir de modèle aux autres pays pour qu’ils prennent des engagements similaires, il devient crucial que toutes les industries japonaises prennent des mesures pour atteindre les objectifs nationaux officiels. Grâce à la naissante JAPANISCO, l’industrie chocolatière japonaise dispose désormais d’un cadre d’échange et de collaboration ainsi que d’un système élaboré pour un effort collectif visant l’atteinte de l’objectif zéro déforestation importée et la promotion de l’agroforesterie qui, tous deux, peuvent réduire les concentrations atmosphériques de CO2. Compte tenu de la capacité démontrée de l’industrie japonaise à innover rapidement, l’espoir est grand de voir JAPANISCO connaître le succès dans l’industrie du cacao, constituer un modèle viable et susciter un effet d’entrainement vers l’objectif zéro déboisement pour toutes les plates-formes et toute l’industrie agroalimentaire japonaise, englobant d’autres matières premières clés telles que l’huile de palme.

Nous encourageons toutes les plateformes à répondre, de toute urgence, à toutes les critiques formulées dans ce document et à aider, ainsi, l’industrie cacaoyère à accélérer sa marche vertueuse vers la durabilité véritable.


Fiche d'évaluation de pâques: les chocolatiers gagnent des œufs " pourris " et " dorés " pour le travail des enfants et les pratiques de durabilite

Tableau de bord de Pâques 2021 : Le prix de l'" œuf pourri " est décerné à Storck, tandis qu'Alter Eco, Tony's Chocolonely et Whittaker's obtiennent des " œufs d'or " ; Godiva progresse par rapport à la dernière place obtenue en 2020. 

À l'approche de Pâques, plus grande période de consommation de chocolat au monde, surtout dans les pays du Nord, de nombreux négociants en cacao, fabricants de chocolat et détaillants parmi les plus importants ne répondent toujours pas aux préoccupations sociales et environnementales, selon le tableau de bord de Pâques 2021 publié conjointement par Be Slavery Free, Green America, Inkota, Mighty Earth, et National Wildlife Federation. 

Storck, un confiseur possédant des sites de production en Allemagne et 21 filiales internationales, a reçu les notes les plus basses - le "prix de l’œuf pourri'' - pour son manque de réactivité et de transparence. Ses marques comprennent Werther's Original, Riesen, Toffifee, Merci, Colourful World et Bendicks 

L'"œuf d'or" a été décerné aux trois entreprises les mieux classées : 

  • Alter Eco, une société basée aux États-Unis et qui écoule ses produits aux États-Unis et en Europe, a reçu son premier Œuf d'or. Les ONG ont également reconnu les mérites de son partenaire Chocolats Halba / Sunray pour le rôle d'Halba dans l'aide apportée à Alter Eco pour atteindre les objectifs de durabilité.
  • Tony’s Chocolonely, une multinationale basée aux Pays-Bas, a reçu l'Œuf d'or pour la deuxième fois consécutive.
  • Whittaker’s de Nouvelle-Zélande, dont les produits sont principalement disponibles en Australie et en Nouvelle-Zélande, a également reçu l'Œuf d'or pour la deuxième année consécutive pour cette région.

Les précédents "lauréats" de l'Œuf pourri ont, depuis, considérablement amélioré leurs performances en matière de durabilité dans tous les domaines. Le lauréat 2020 de l'Œuf pourri Godiva a fait des progrès majeurs sur les politiques de revenu de subsistance et le travail environnemental, et le lauréat 2019 de l'Œuf pourri Sucden a progressé dans toutes les catégories de durabilité. 

"Grâce à ce tableau de bord, les consommateurs aux États-Unis, en Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Japon et ailleurs peuvent acheter des chocolats de Pâques en toute tranquilité. Ils disposent désormais d'indications claires et précises sur les entreprises qui se soucient de la durabilité et sur celles dont les friandises sont probablement entachées de déforestation et de violations des droits de l'homme", déclare Etelle Higonnet, conseillère principale de la National Wildlife Federation. "Les consommateurs peuvent désormais acheter du chocolat les yeux grands ouverts et utiliser leur pouvoir d'achat pour repousser les retardataires comme Storck et récompenser les leaders du secteur que sont Alter Eco, Tony's Chocolonely et Whittaker's." 

Les enquêteurs ont interrogé 31 entreprises chocolatières et fournisseurs de cacao dont on estime qu'ils fournissent plus de 80 % des confiseries dans le monde. Les entreprises ont été notées sur les six questions de durabilité les plus urgentes auxquelles l'industrie du chocolat est confrontée: la diligence raisonnable en matière de droits de l'homme, la transparence et la traçabilité, la déforestation et le changement climatique, l'agroforesterie, les politiques de revenu de subsistance et le travail des enfants. Les marques ont ensuite été classées dans l'une des quatre catégories suivantes : lapin vert pour celles qui sont à la pointe de l'industrie en matière de politique, avec des preuves de mise en œuvre, et lapin rouge pour celles qui ont peu ou pas de politique et aucune preuve de mise en œuvre. Les entreprises qui ont choisi de ne pas participer au tableau de bord ont également reçu un lapin rouge.  

Les entreprises de cacao, en particulier celles de l'Initiative Cacao & Forêts, ont pris une mesure importante pour accroître la traçabilité de leurs chaînes d'approvisionnement en cartographiant plus d'un million d'exploitations depuis 2018, et la plupart des grandes entreprises de chocolat ont divulgué au moins une partie de leurs chaînes d'approvisionnement en cacao ivoirien dans la carte de responsabilité du cacao de Mighty Earth (Cocoa Accountability - Mighty Earth) 

"C'est dans la catégorie de la traçabilité que nous avons constaté les progrès les plus notables chez les acteurs du secteur du cacao ces dernières années", a déclaré Charlotte Tate, directrice des campagnes sur le travail chez Green America. "Ils s'améliorent rapidement sur cette question, mais la plupart ne franchissent pas toujours la ligne d'arrivée. Afin d'aborder tous les autres points du tableau de bord, les entreprises doivent d'abord savoir d'où vient le cacao. Sans cette information, il y a peu d'espoir de mettre fin au travail des enfants, à la pauvreté des agriculteurs ou à la déforestation. Les entreprises doivent avoir des chaînes d'approvisionnement entièrement traçables, associées à des rapports transparents." 

Outre la tendance à la traçabilité, le tableau de bord fournit un aperçu du revenu des agriculteurs. "Un nombre stupéfiant de 180 millions d'œufs emballés ou en boîte sont achetés pour Pâques chaque année. Ce chiffre n'inclut pas les œufs miniatures ou crémeux qui se vendent également très bien. Très peu de l'argent de l'industrie du chocolat va aux pays où le cacao est cultivé ou aux cultivateurs de cacao eux-mêmes", déclare Fuzz Kitto, codirecteur national de Be Slavery Free en Australie. "La plupart des producteurs de cacao gagnent moins d'un dollar par jour, les femmes ne gagnant que 0,30 dollar par jour. Ils sont particulièrement touchés par les perturbations économiques de la pandémie Covid 19."  

Une autre tendance du tableau de bord de Pâques est l'amélioration lente mais constante des entreprises japonaises sur certains paramètres de durabilité, au cours des quatre dernières années. Cependant, les entreprises japonaises de chocolat ont des efforts à faire pour obtenir des politiques plus fortes, assorties d'un suivi et d'une mise en application pour mettre fin au travail des enfants, à la pauvreté et à la déforestation dans leurs chaînes d'approvisionnement en cacao. Le secteur japonais doit évoluer rapidement pour éviter d'être moins performant que ses homologues mondiaux. La création d'une nouvelle "plateforme du cacao" lancée par l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA) en 2020 pourrait être la clé pour résoudre les problèmes de durabilité à l'échelle de l'industrie en réunissant le gouvernement, l'industrie et les organisations à but non lucratif. 

"Le tableau de bord montre également que le rythme d'adoption de l'agroforesterie et de pratiques agricoles plus respectueuses du climat est beaucoup plus lent qu’espéré", déclare Samuel Mawutor, conseiller principal chez Mighty Earth. Transformer le secteur du cacao pour le débarrasser des monocultures problématiques ne peut être possible sans mettre davantage l'accent sur la restauration des forêts et des exploitations agricoles par l'agroforesterie. Il note que "les entreprises doivent cesser de distribuer des semis d'arbres et investir beaucoup plus de ressources dans la culture et l'entretien des arbres plantés dans les exploitations cacaoyères ainsi que dans la sécurité foncière des arbres, afin de garantir l'adoption de l'agroforesterie à grande échelle en Afrique de l'Ouest." 

"Ce tableau synoptique remet les pendules à l'heure en ce qui concerne les actions superficielles à visée faussement durable (greenwashing) par rapport à l'action réelle", selon Johannes Schorling, coordinateur de campagne chez Inkota. "Malgré des décennies d'engagement volontaire de la part de l'industrie, la pauvreté, le travail dangereux des enfants et la déforestation sont encore très répandus dans le secteur du cacao. La plupart des entreprises ont seulement commencé à exercer une diligence raisonnable, et de nombreuses lacunes subsistent. Cette contre-performance des entreprises montre la nécessité d'une législation robuste en matière de diligence raisonnable."  

_________________ 

Les organisations ayant conduit l’enquête: 

Be Slavery Free 

Be Slavery Free est une coalition d'organisations de la société civile, de communautés et d'autres organisations travaillant ensemble pour prévenir, abolir et perturber l'esclavage moderne en Australie, aux Pays-Bas et dans le monde entier. Be Slavery Free a une expérience de terrain en matière de prévention, de perturbation et de remédiation de l'esclavage moderne, avec un accent particulier sur la mise en lumière de l'esclavage dans les chaînes d'approvisionnement. Be Slavery Free a contribué à l'adoption de la loi australienne sur l'esclavage moderne. Depuis 2007, l'association collabore avec l'industrie du chocolat et plaide en faveur de la lutte contre le travail des enfants et l'esclavage dans le secteur du cacao. Vous trouverez de plus amples informations sur Be Slavery Free à l'adresse https://beslaveryfree.com.

Green America 

Green America est la principale organisation américaine de l'économie verte, dont la mission est d'exploiter le pouvoir économique des États-Unis - la force des consommateurs, des investisseurs, des entreprises et du marché - pour créer une société socialement juste et écologiquement durable. Fondée en 1982, Green America fournit aux entreprises et aux particuliers les stratégies économiques, le pouvoir d'organisation et les outils pratiques nécessaires pour résoudre les problèmes sociaux et environnementaux actuels. Vous trouverez de plus amples informations sur Green America à l'adresse http://www.GreenAmerica.org.

Inkota 

INKOTA a passé les 50 dernières années à faire campagne pour mettre fin à la faim et à la pauvreté et pour que la mondialisation profite à tous. Grâce à des campagnes ciblées, INKOTA vise à sensibiliser le public allemand aux côtés sombres de la mondialisation et à l'importance des droits de l'homme. INKOTA coordonne la campagne "Make Chocolate Fair !" (Faire du chocolat une denrée équitable ! », qui plaide pour de meilleures conditions de vie pour les producteurs de cacao en Afrique de l'Ouest. En outre, INKOTA coopère avec des organisations partenaires de la société civile dans le Sud, en les aidant à faire campagne pour la justice et l'égalité dans leur pays d'origine. Vous trouverez de plus amples informations sur Inkota à l'adresse https://www.inkota.de/english/.

Mighty Earth 

Mighty Earth est une organisation de campagne environnementale mondiale qui œuvre pour la protection des forêts, la conservation des océans et la lutte contre le changement climatique. Mighty Earth s'efforce de susciter une action à grande échelle en faveur d'une agriculture écologiquement responsable qui protège les écosystèmes indigènes, la faune et la flore sauvages ainsi que l'eau, et respecte les droits des communautés locales - y compris dans le secteur du cacao. L'équipe de Mighty Earth a joué un rôle décisif en persuadant certaines des plus grandes entreprises agroalimentaires du monde d'améliorer considérablement leurs politiques et pratiques environnementales et sociales. Vous trouverez de plus amples informations sur Mighty Earth à l'adresse https://www.mightyearth.org/chocolate/.

National Wildlife Federation 

La National Wildlife Federation, la plus grande organisation américaine de protection de la nature avec plus de 6 millions de membres, s'efforce d'unir les Américains de tous horizons pour donner une voix à la vie sauvage. La NWF est en première ligne pour la faune sauvage depuis 1936, luttant pour les valeurs de conservation qui sont tissées dans le tissu de l'héritage collectif de l'Amérique. Le programme international du NWF combine une expertise en économie des ressources naturelles, en télédétection et en SIG, en droit international et en écologie tropicale pour faire avancer les solutions basées sur le marché et les politiques publiques afin d'éliminer la perte des forêts tropicales. Le NWF encourage l'agriculture "zéro déforestation", en se concentrant sur les produits de base ayant le plus d'impact sur les forêts et la faune. Vous trouverez de plus amples informations sur la NWF à l'adresse https://international.nwf.org/about/. 


Bibliothèque sur l’agroforesterie du cacao

English

Cette bibliothèque d'agroforesterie du cacao (Cocoa Agroforestry Library)  est une bibliothèque électronique de toute la littérature scientifique accessible au public sur l'agroforesterie du cacao (cocoa agroforestry) destinée à une large utilisation par l'industrie, les gouvernements, les universitaires, les militants, les groupes d'agriculteurs et d’autres acteurs. Ce sera une bibliothèque « vivante » : nous invitons toute personne intéressée à suggérer des données supplémentaires ou des rapports à y inclure à envoyer un courriel à [email protected] Vous pouvez dès maintenant consulter la bibliothèque en cliquant ci-contre here.

Notre objectif est que cette bibliothèque incite les établissements universitaires ou de recherche à examiner ces informations et à publier de nouvelles synthèses qui rendent ces ressources plus accessibles aux gouvernements, à l'industrie et à d'autres groupes tout au long des chaînes d'approvisionnement du cacao.

Il existe des opportunités intersectorielles claires, mais nous avons choisi de consacrer cette initiative au cacao afin d’accroître sa pertinence pour l'industrie de ce secteur. Nous espérons cependant que ce type de bibliothèque soit également créé pour d'autres cultures.

Introduction

Chaque jour, on estime qu'un milliard de personnes consomment du chocolat (Nils-Gerrit Wunsch, 2020). La grande majorité de ces amateurs de chocolat vivent dans des pays développés tels que la Suisse, l'Allemagne, les États-Unis et le Japon. Pourtant, le cacao, l’ingrédient nécessaire au chocolat, est un fruit originaire de la forêt pluviale des basses terres de l’Amazonie et, depuis la fin des années 70, il est principalement produit en Afrique de l’Ouest. Aujourd'hui, environ 60% du cacao est produit dans seulement deux pays : la Côte d'Ivoire et le Ghana. La majorité du cacao est cultivé dans de petites exploitations qui ont remplacé les forêts indigènes - menaçant le bien-être des personnes et de la faune. Des opportunités existent de changer la façon dont le cacao est produit, afin qu’il profite aux populations et à la nature.

Cette bibliothèque regroupe l'essentiel des connaissances scientifiques sur la problématique de l'agroforesterie cacaoyère. Les recherches ayant conduit à la création de cette bibliothèque électronique révèlent une grande richesse d'informations pour la première fois ici rassemblées, ordonnées et consultables.

Ces informations étaient auparavant disséminées dans de nombreux rapports et sources. Cette bibliothèque permet désormais à l'industrie, au gouvernement et aux autres parties prenantes d'y accéder facilement et de prendre des décisions basées sur les meilleures données scientifiques disponibles. L’inaccessibilité de l'information est susceptible d’avoir gêné les acteurs de l'industrie du cacao ainsi que et les décideurs gouvernementaux dans le passé, mais ce n'est plus le cas. Avec cette bibliothèque numérique plus personne ne peut arguer d’un manque de données exploitables. L'un des enseignements cruciaux de ce travail pour l'industrie et les gouvernements est que davantage de projets pilotes et de recherche seraient les bienvenus. Cela ne devrait cependant pas conditionner l'action. Il y a, en effet, suffisamment d'informations disponibles pour prendre des décisions éclairées afin de faire passer tout le cacao mondial de la monoculture au système agroforestier et, là où l’agroforesterie est déjà mise en œuvre, de la protéger et de l’améliorer. Nous avons fait la distinction entre les articles de revue et les études de cas, afin que les gouvernements et l'industrie puissent identifier les grands principes directeurs dans les articles puis aller plus loin, lorsque cela est nécessaire ou approprié, avec les études de cas ou des études régionales. Notre recherche révèle cependant une insuffisance : il n’existe pas assez de guides pratiques permettant de garantir une mise en œuvre harmonieuse. Ceux-ci doivent être élaborés conjointement par l'industrie, afin de garantir l'efficience et l'efficacité des pratiques et des programmes d'agroforesterie et en même temps éviter la duplication coûteuse et inutile des efforts individuels.

Que disent les données sur le cacao agroforestier ?

Une poignée de thèmes clés ressortent de l'examen des données.

1. Les rendements du cacao peuvent être élevés dans les systèmes d'agroforesterie cacaoyère, mais la manière d'y parvenir varie d'une région à l'autre. La maximisation des rendements de cacao dans les systèmes agroforestiers dépend en partie de la sélection et de l'espacement des espèces d'arbres et en partie d'autres mesures de gestion telles que la gestion de l'eau et des sols ainsi que les régimes associés de gestion des sols et de l'eau.

2. Le cacao agroforestier est meilleur pour le revenu des agriculteurs dans de nombreux cas, surtout parce qu'il leur fournit une diversification des revenus, une sécurité alimentaire et des services écosystémiques qui réduisent leur dépendance à des intrants coûteux.

3. La variation régionale est réelle et le contexte régional est important. Il est désormais possible d’avoir accès au problème spécifique auquel vous êtes confronté dans votre pays, votre région, et pas seulement à des informations génériques mondiales.

4. Les systèmes agroforestiers de cacao sont bénéfiques pour la biodiversité et la santé des sols.

5. L'agroforesterie offre des possibilités de réduire l'utilisation des intrants chimiques, ce qui profite à la santé humaine et à l'environnement.

6. Il y a une opportunité d’étudier et d’incorporer les connaissances et les innovations locales dans les systèmes d'agroforesterie cacaoyère.

Menaces, défis et problèmes dans le cacao agroforestier

Notre revue de la littérature montre clairement qu'il existe des défis majeurs à surmonter pour que l'agroforesterie cacaoyère réussisse à grande échelle.

1. Il n'y a pas assez de cacao agroforestier. Les monocultures de cacao peuvent maximiser les profits et les rendements à court terme dans certains cas, mais elles ont une durée de vie limitée et sont liées à des épidémies et à une dégradation rapide des sols. Le cacao en monoculture devrait être éliminé des chaînes d'approvisionnement et converti en systèmes agroforestiers durables. (Pour plus d'informations sur cette position, voir l'article de l’organisation Voice sur le cacao agroforestier ici : Voice paper on agroforestry cocoa)

2. Dans le monde entier, le cacao forestier et agroforestier est toujours en cours de conversion en monoculture ou quasi-monoculture à des taux alarmants. Cela aggrave les problèmes liés à la résilience climatique, à la durabilité des exploitations agricoles et à la perte de biodiversité.

3. Il y a une pénurie de cacao agroforestier bien planifié qui optimise les rendements, les services écosystémiques, la conservation de la biodiversité et les revenus des agriculteurs.

4. Le succès de la mise en œuvre de l'agroforesterie dépend de l’inclusion des agriculteurs dans le processus de prise de décision. Lorsque les agriculteurs sont absents de la sélection des espèces d'arbres et de la conception de l'agroforesterie, de nombreux efforts échouent. Comprendre ce dont les agriculteurs ont besoin et ce qu’ils veulent consommer ainsi que la diversification des revenus sont au cœur de la construction d'un système de cacao agroforestier réussi. Le co-développement est essentiel, mais rarement réalisé, et c'est l'une des principales raisons pour lesquelles les initiatives d'agroforesterie échouent souvent à augmenter le nombre d'arbres dans les plantations de cacao.

Des lacunes dans les connaissances subsistent et doivent être comblées Nous examinons, sans exhaustivité, les plus grandes lacunes dans les connaissances disponibles. Notre attente est plutôt que les chercheurs lisent mutuellement leurs travaux, évaluent le corpus global de la littérature, échangent des idées et travaillent ensemble pour combler ces lacunes de la recherche dans leurs futurs travaux.

1. Il y a un manque évident de recherche visant l’augmentation de la durabilité des exploitations de cacao ou l’intensification de l'agroforesterie durable du cacao. De nombreux exemples confirmés de systèmes agroforestiers du cacao existent avec des résultats de durabilité environnementale, sociale et économique élevés, mais très peu de tests présentent l'application réussie de ces approches dans d'autres contextes.

2. Les interactions entre la structure agroforestière et le climat local sont sous-étudiées. Cela inclut le microclimat agricole et les régimes locaux de précipitations et de sécheresse. De telles interactions sont susceptibles de devenir plus importants, étant donné le changement climatique prévisible et les événements météorologiques extrêmes dans les régions de culture du cacao.

3. Les connaissances du terroir ne sont pas suffisamment discutées et étudiées dans l'élaboration des systèmes agroforestiers ; surtout en Amazonie / Amérique centrale.

4. Si la relation entre la cacao-culture et la biodiversité est abordée dans de nombreuses études, il est nécessaire de faire une plus grande synthèse des études sur la biodiversité au niveau régional, ainsi que des évaluations régionales de la façon dont le couvert forestier, la couverture ombragée, la diversité des arbres et d'autres pratiques de gestion du caco affectent la biodiversité, aussi bien à l'échelle des plantations qu’à l'échelle régionale.

5. Les études sur la biodiversité mesurent généralement le nombre d'espèces végétales et animales trouvées dans les plantations de cacao, mais celles portant sur la façon dont les animaux utilisent les plantations de cacao ou sur l'impact des plantations de cacao sur la démographie des populations d'animaux sauvages manquent, en dehors de quelques espèces de mammifères. En conséquence, il n'y a pratiquement aucune recommandation sur la façon dont les plantations de cacao peuvent être gérées pour augmenter la survie de la faune, comme par exemple limiter l'utilisation des pesticides ou conserver des espèces d'arbres qui sont excessivement utilisées pour la nourriture, la nidification ou les déplacements.

6. Les services de pollinisation ont tendance à être plus importants dans les agro-forêts de cacao que dans les monocultures, mais la pollinisation du cacao lui-même est en général sous-étudiée.

7. Il n'y a pratiquement aucune recherche sur les abeilles du terroir et le cacao, ce qui est dommage vu que la combinaison du cacao agroforestier et du miel / apiculture permettrait une diversification des revenus des agriculteurs et une amélioration de la pollinisation pour l’écosystème général.


Déforestation et atteintes aux droits humains en Amazonie : des représentants des peuples autochtones et ONG internationales assignent Casino en justice

Déforestation et atteintes aux droits humains en Amazonie: des représentants des peuples autochtones et ONG internationales assignent Casino en justice

Ce mercredi 3 mars 2021, des représentants des peuples autochtones d’Amazonie brésilienne et colombienne, ainsi que des organisations non gouvernementales (ONG) françaises et américaines, assignent en justice le groupe Casino devant le tribunal judiciaire de Saint-Etienne, en raison de ses ventes en Amérique du Sud de produits à base de viande bovine, liée à la déforestation et à l’accaparement de terres des peuples autochtones. 

C’est la première fois qu’une chaîne d’hypermarchés est assignée en justice pour des faits de déforestation et de violation de droits humains dans sa chaîne d’approvisionnement, sur le fondement de la loi sur le devoir de vigilance adoptée en mars 2017. Les organisations autochtones demandent à être dédommagées en raison des dommages causés à leurs terres ancestrales et de l’impact sur leurs moyens de subsistance.

Atteintes à l’environnement et violations des droits humains

L’assignation conclut à des atteintes systémiques à l’environnement et aux droits humains qui ont eu lieu, tout au long de la chaîne d’approvisionnement du groupe Casino au Brésil et en Colombie, sur une période significative. Selon les preuves rassemblées par le Centre d’Analyse de la Criminalité Climatique, le groupe Casino aurait acheté régulièrement de la viande bovine à trois abattoirs qui s’approvisionnent en bétail auprès de 592 fournisseurs responsables d’au moins 50 000 hectares de déforestation entre 2008 et 2020 (1). Il s’agit d’une surface équivalente à cinq fois la taille de Paris.

Les preuves présentées dans cette affaire démontrent également des atteintes aux droits des peuples autochtones. Il a notamment été rapporté que les terres ancestrales détenues et gérées par la communauté Uru Eu Wau Wau dans l’État de Rondônia, au Brésil, ont été envahies pour permettre l’exploitation des élevages de bétail qui fournissent de la viande bovine au Grupo Pão de Açúcar de Casino.

La responsabilité du groupe Casino 

Malgré les nombreux rapports liant les produits du groupe Casino à la déforestation et à l’accaparement de terres des peuples autochtones, la multinationale n’a pas veillé à la révision  de ses mesures de vigilance, afin d’assurer l’absence d’atteintes aux droits humains et à l’environnement tout au long de sa chaîne d’approvisionnement. La multinationale s’est même aventurée à justifier qu’en raison du “faible nombre de rapports mettant en avant l’élevage bovin comme la cause de la déforestation en Colombie”, Casino n’a pas jugé pertinent d’inclure le pays dans son plan de vigilance. Pourtant, la Colombie a l’un des taux de déforestation les plus élevés au monde, le bétail en étant la source principale selon un grand nombre de rapports officiels (2).

Malgré les preuves de plus en plus nombreuses reliant la plus grande entreprise de viande bovine du monde, JBS, à la déforestation ainsi qu’à l’esclavage (3), le groupe Casino continue de s’approvisionner auprès de celle-ci. En outre, le groupe Casino ne s’est toujours pas engagé à exclure la viande ou des produits transformés issus de la déforestation dans ses magasins Grupo Pão de Açúcar, Casino ou Grupo Éxito.

Le groupe Casino est la plus grande chaîne de supermarchés au Brésil et en Colombie, avec leurs marques respectives Grupo Pão de Açúcar et Grupo Éxito. Les activités de Casino en Amérique du Sud représentent près de la moitié (47 %) du chiffre d’affaires du groupe.

La loi française sur le devoir de vigilance impose aux entreprises basées en France et employant plus de 5 000 salariés de prendre des mesures adaptées et effectives pour prévenir les atteintes graves aux droits humains et à l’environnement tout au long de leur chaîne d’approvisionnement, faute de quoi elles engagent leur responsabilité et peuvent être condamnées à payer des dommages et intérêts.

Le point de non-retour de l’Amazonie

L’élevage bovin est la principale source de déforestation en Amérique du Sud, en particulier au Brésil. Selon l’agence spatiale brésilienne (INPE), la déforestation de la forêt amazonienne a atteint son plus haut niveau en douze ans. L’Amazonie risque d’atteindre un point de non-retour, en passant d’une forêt tropicale humide à une savane.

En décembre dernier, le gouvernement brésilien a supprimé toutes les mesures visant à lutter contre la déforestation dans son plan national d’action pour le climat (connu sous le nom de NDC, pris dans le cadre de l’accord de Paris), bien que la disparition des forêts demeure la principale source d’émissions de gaz à effet de serre dans le pays.

Commentaires des requérants : 

L’ampleur et la diversité de la coalition témoignent de l’empreinte écologique mondiale et de la diversité des impacts causés par la production industrielle de viande bovine, ainsi que de la nécessité d’une défense collective.

Luis Eloy Terena, du peuple Terena du Brésil, conseiller juridique à la COIAB et à l’APIB :Il est important pour la COIAB de participer à ce procès car le sort de l’Amazonie brésilienne relève de l’action en défense des droits et garanties constitutionnels des peuples autochtones qui y vivent. Nous sommes également chargés de défendre les peuples isolés ou récemment contactés. Comme nous l’indiquons clairement dans la plainte, l’achat de viande bovine par Casino et Grupo Pão de Açúcar entraîne la déforestation et l’accaparement des terres, ainsi que la violence et l’assassinat des chefs autochtones lorsqu’ils choisissent de résister. Avec cette poursuite, nous cherchons à tenir l’entreprise responsable des conséquences de ces actes et à apporter une reconnaissance aux peuples autochtones par rapport à la réalité à laquelle ils sont confrontés.

Fany Kuiru Castro du peuple Uitoto de Colombie, directrice et coordinatrice des femmes et de la famille à l’OPIAC : L’élevage de bétail, les monocultures et les autres industries extractives mettent nos vies en danger et exterminent les peuples autochtones. C’est pourquoi notre organisation soutient pleinement cette action en justice, mettant en cause le manquement aux exigences sur la chaîne d’approvisionnement en viande, qui provient de l’élevage de bétail“.

Boris Patentreger, co-fondateur d’Envol Vert :En 2021, dans un monde où nous pouvons techniquement tout tracer et tout contrôler, un groupe international appelé Casino, qui a connu une formidable croissance en Amérique du Sud ces dernières années, est incapable d’éliminer la déforestation de toute sa chaîne d’approvisionnement. C’est inacceptable !”

Lucie Chatelain, juriste chez Sherpa :Le nombre de cas de déforestation et d’atteintes aux droits humains qui ont été documentés dans la chaîne d’approvisionnement de Casino au Brésil montre que ses prétendues mesures de vigilance ne sont ni adaptées, ni effectives. Sherpa a plaidé pendant des années – et avec succès – pour l’adoption d’une loi sur le devoir de vigilance, et ce cas est emblématique des violations que cette loi vise précisément à prévenir“.

Sébastien Mabile, avocat du cabinet Seattle Avocats : Ce procès va permettre de démontrer toutes les potentialités de la loi française sur le devoir de vigilance, qui s’applique à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement tant en France qu’à l’étranger. La loi impose aux multinationales françaises des actions visant à prévenir des atteintes, proportionnelles aux risques identifiés, ainsi que des contrôles sociaux et judiciaires stricts. La gravité des violations constatées dans cette affaire nous conduit à engager la première action en responsabilité sur la base de ce texte“.

Nico Muzi, directeur européen de Mighty Earth : “JBS n’est pas seulement la plus grande entreprise de viande au monde, mais c’est aussi l’un des pires destructeurs de forêts au Brésil. C’est la raison pour laquelle le Groupe Casino doit abandonner complètement JBS. Mais nous appelons également les autres grands supermarchés européens tels que Carrefour, Tesco, Albert Heijn et Lidl à rompre leurs liens avec la déforestation et à laisser tomber JBS, le massacre de l’Amazonie“.

Cecilia Rinaudo, coordinatrice générale de Notre Affaire à Tous : “Cette affaire est un exemple tragique de l’interdépendance entre l’environnement et les droits humains,  tous deux protégés par la loi sur le devoir de vigilance. Casino identifie le travail forcé comme un risque associé dans sa chaîne d’approvisionnement, sans prendre aucune mesure pour y mettre fin. De plus, l’entreprise n’a pas identifié l’accaparement de terres comme une menace pour les droits de l’homme, malgré de nombreux rapports sur cette question bien connue. Casino ne peut pas rester passif et doit adopter des mesures concrètes pour prévenir ces risques majeurs“.

Adeline Favrel, coordinatrice de la campagne forestière de France Nature Environnement :La France a adopté la loi sur le devoir de vigilance en 2017 et la stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée en 2018. Ces politiques publiques doivent être traduites en actions concrètes par des entreprises comme Casino pour mettre enfin un terme à la déforestation“.

Klervi Le Guenic, responsable de campagne de Canopée : Casino n’est pas le seul responsable, ils ont tous le pouvoir de changer les choses. Carrefour est l’un des plus grands vendeurs au détail du Brésil et son activité est également particulièrement exposée au risque d’être liée à la déforestation. Ils doivent se débarrasser des entreprises de viande liées à la destruction de l’Amazonie“.

Notes :

  1. La semaine dernière, le groupe de journalisme d’investigation Reporter Brasil a publié un nouveau rapport montrant que les trois plus grandes chaînes de supermarchés du Brésil – Pão de Açúcar, Carrefour et Grupo Big – ont vendu du bœuf provenant de méga-fermes qui ont illégalement défriché des milliers d’hectares de forêts.
  2. Report on deforestation fronts, 2021
  3. Historiquement, l’activité commerciale dans les zones rurales du Brésil est source d’esclavage et de travail forcé. Le secteur qui connaît le plus grand nombre de cas d’esclavage est celui de l’élevage. Selon les données de la Comissao Pastoral da Terra et du gouvernement fédéral brésilien, près de la moitié (47 %) des cas identifiés entre 2003 et 2020 sont liés au secteur de l’élevage bovin. La dernière enquête du Reporter Brasil a établi que la plupart des cas d’esclavage sont liés aux abattoirs JBS, fournisseur principal du Pão de Açúcar de Casino.

Les membres de la coalition sont :

Canopée Forêts Vivantes est une organisation récente, fondée en 2018, qui est née d’un besoin crucial de construire un contre-pouvoir citoyen pour mieux protéger les forêts en France et dans le monde. Il s’agit d’une association de “sonneurs de cloches” qui signale les menaces qui pèsent sur les forêts. Loin de se contenter de signaler ces menaces, elle souhaite agir à la source des problèmes en produisant une contre-expertise de qualité et en la portant dans l’espace public. Canopée est membre des Amis de la Terre et du groupe SOS Forêt.

COIAB (Coordination des organisations autochtones de l’Amazonie brésilienne) fondée le 19 avril 1989, est la plus grande organisation autochtone régionale du Brésil, qui a émergé à l’initiative des dirigeants des organisations autochtones. La mission du COIAB est de défendre les droits des peuples autochtones à la terre, à la santé, à l’éducation, à la culture et à la durabilité, en tenant compte de la diversité des peuples et en recherchant leur autonomie à travers l’articulation politique et le renforcement des organisation autochtones.

La Commission Pastorale de la Terre (CPT), créée en 1975, est rattachée à la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB). Elle est engagée sur l’enjeu crucial du partage de la terre et contre la destruction de l’environnement. Ses équipes locales sont présentes dans chacun des Etats du Brésil, accompagnant à la base communautés et groupes en lutte, joignant sa voix aux leurs, dénonçant injustices, violences, discrimination, travail esclave.

Envol vert agit pour la préservation de la forêt et de la biodiversité en Amérique Latine (principalement Colombie et Pérou) et en France. Depuis 2011, nous développons des projets de terrain concrets et efficaces qui incluent la reforestation d’aires dégradées, le développement de l’agroforesterie et d’alternatives à la coupe illégale comme l’écotourisme, le développement de réserves naturelles, la sauvegarde ou la réintroduction d’espèces.  Envol Vert mène également des campagnes de communication et des actions de sensibilisation afin d’inciter les entreprises et les citoyens à changer leurs modes de production et/ou de consommation.

FEPIPA (Fédération des Peuples Autochtones du Pará) fondée en avril 2016, est une organisation autochtone, créée pour promouvoir le bien-être social, politique, économique et culturel et les droits de l’homme des peuples autochtones. Elle vise à défendre et à discuter des intérêts collectifs des peuples et communautés autochtones de l’État de Pará, en promouvant leur organisation sociale, culturelle, économique et politique, en renforçant leur autonomie.

FEPOIMT (Fédération des Peuples Autochtones du Mato Grosso) créée en juin 2016 est née de la nécessité de s’unir pour l’action et l’articulation politiques, visant à l’organisation sociale, culturelle, économique et au développement durable et politique des peuples et organisations autochtones du Mato Grosso. Ses principaux défis sont la garantie et la régularisation des terres, la gestion de l’environnement, la protection du territoire et la lutte pour les droits des autochtones.

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement. Elle regroupe 3 500 associations françaises, réparties dans 53 organisations en France métropolitaine et dans les territoires d’outre-mer. Depuis 1968, la fédération se bat pour la transition écologique en menant une mobilisation citoyenne. Elle sensibilise le public par l’éducation à l’environnement, s’efforce en permanence de contribuer à l’amélioration du droit de l’environnement et contribue régulièrement aux politiques publiques françaises et européennes pour une meilleure

Mighty Earth est une organisation globale de plaidoyer qui œuvre pour la protection des forêts tropicales, des océans et du climat. Nos campagnes et notre équipe ont joué un rôle de premier plan en persuadant les plus grandes entreprises mondiales du secteur de l’alimentation et de l’agriculture d’adopter des politiques visant à éliminer la déforestation et les atteintes aux droits de l’homme de leurs chaînes d’approvisionnement, et ont conduit à l’adoption de transferts de plusieurs milliards de dollars vers l’énergie propre.

Notre Affaire à Tous  est une association qui œuvre pour protéger le vivant, les communs naturels et le climat via l’utilisation du droit. Issu-es du mouvement pour la reconnaissance du crime d’écocide dans le droit international afin de sanctionner les crimes les plus graves contre l’environnement et à l’origine de l’Affaire du Siècle, les membres de Notre Affaire à Tous se positionnent comme « avocat-es de la planète », en cherchant à établir par la jurisprudence, le plaidoyer juridique et la mobilisation citoyenne une responsabilité effective et objective de l’humain vis-à-vis de l’environnement.

OPIAC (Organisation Nationale des Peuples Autochtones de l’Amazonie Colombienne) est une institution autochtone colombienne, une organisation à but non lucratif qui exerce une représentation politique des peuples autochtones de l’Amazonie colombienne devant les institutions nationales et internationales. Son objectif principal est de faire en sorte que tous les droits collectifs et individuels de ses membres soient respectés et reconnus par tous les acteurs situés dans la région amazonienne colombienne.

Seattle Avocats est un cabinet d’avocat spécialisé sur les questions de responsabilité des entreprises du fait d’atteintes à l’environnement et aux droits humains. Monsieur Sébastien Mabile et Monsieur François de Cambiaire représentent des ONGs et des collectivités dans le cadre des premières actions introduites sur le fondement de la loi devoir de vigilance des entreprises, notamment contre Total et contre le groupe de transport XPO Logistics, et s’intéressent en particulier aux débats en cours au niveau international et européen sur la responsabilité sociale et pénale des multinationales. S’agissant de dommages particulièrement graves à l’environnement ayant des conséquences tout aussi graves sur les droits des populations autochtones, le cabinet Seattle Avocats apporte son soutien et ses compétences à la coalition internationale d’associations qui mettent en demeure le groupe Casino de se conformer à la loi sur le devoir de vigilance.

Sherpa est une association créée en 2001 qui a pour mission de combattre les nouvelles formes d’impunité liées à la mondialisation et de défendre les communautés victimes de crimes économiques. Sherpa œuvre pour mettre le droit au service d’une mondialisation plus juste. L’action de l’association repose sur quatre outils interdépendants que sont le contentieux stratégique, le plaidoyer, le laboratoire de droit et le renforcement de capacités. Ces actions sont menées par une équipe de juristes et d’avocats. Les activités de Sherpa ont contribué à l’indemnisation de communautés affectées par des crimes économiques, à des décisions judiciaires historiques à l’égard de multinationales et de leurs dirigeants et à des politiques législatives inédites.


Le géant de la volaille LDC renforce ses engagements contre la déforestation: notre réaction

English

Le numéro 1 européen de la volaille, le groupe LDC, qui possède les marques Marie, Le Gaulois ou encore Maître Coq adopte de nouvelles mesures pour mettre fin à ses importations de soja lié à la déforestation. Une annonce qui accroît la pression sur les négociants internationaux de soja. Notre analyse.

Suite à notre campagne d’interpellation et à plusieurs échanges, le groupe LDC vient d’annoncer qu’il demanderait désormais à ses fournisseurs une traçabilité détaillée et une exclusion des lots de soja qui proviennent de parcelles déforestées ou converties après le 1er janvier 2020 (1).

L’annonce du groupe est une bonne première étape mais non suffisante, explique Klervi Le Guenic, chargée de campagne à Canopée: “L’engagement du groupe LDC est un signal très clair envoyé aux négociants de soja mais celui-ci doit être suivi d’actions. Le groupe LDC doit rompre ses relations commerciales avec les négociants s’ils continuent à être complices de déforestation. Nous y serons d’autant plus attentifs que le groupe est soumis à la loi sur le devoir de vigilance et donc dans l’obligation légale de prévenir ce risque.”

Nico Muzi, directeur européen à Mighty Earth, ajoute: “L’étau se resserre sur les négociants de soja qui sont au cœur de la filière. Quelques entreprises comme Cargill et Bunge concentrent l’essentiel du marché: jusqu’à présent ces entreprises ont toujours refusé d’être transparentes et d’exclure les grands producteurs responsables de déforestation. La cascade d’engagements d’acteurs français est en train de changer la donne.” (2)

Après l’engagement des enseignes de la grande distribution en novembre 2020, c’est un acteur majeur de la filière agro-alimentaire qui s’engage et demande au gouvernement d’accélérer la mise en œuvre d’un mécanisme de gestion des risques liés au soja. En effet, aujourd’hui, il n’existe aucune transparence sur l’origine des importations de soja alors que ces informations sont disponibles.

En septembre 2020, Canopée a remis à Bérangère Abba, Secrétaire d’Etat à la Biodiversité, un rapport du Comité Scientifique et Technique Forêt avec des propositions concrètes pour mettre fin aux importations de soja à risque (3). Parmi ses recommandations, un renforcement de la responsabilité des entreprises et une plus grande transparence sur les données douanières et satellitaires permettant d’identifier les négociants complices de déforestation.

Sylvain Angerand qui a coordonné ce travail conclut: “De nombreux acteurs sont prêts à mettre fin à la déforestation mais une politique publique ne se construit pas sur l’accumulation d’engagements volontaires, plus ou moins précis. Le gouvernement doit s’appuyer sur cette dynamique pour accroître l’accès aux informations et renforcer les obligations de responsabilités de l’ensemble des entreprises au niveau national et européen”.

Pour faire face à la demande croissante de viande, la France importe massivement du soja, principalement en provenance du Brésil. Or là bas, ce sont des pans entiers de forêts qui sont rasés pour faire place à cette culture, particulièrement dans la région du Cerrado. Près de 50% du soja importé pour l’alimentation animale est à destination de la volaille (poulets et poules pondeuses). Le géant de la volaille utilise des centaines de milliers de tonnes de soja du Brésil pour produire ses 750 000 tonnes de volaille chaque année en France.
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  1. Voir l’annonce de LDC: https://www.ldc.fr/le-groupe-ldc-renforce-ses-engagements-et-son-objectif-soja-zero-deforestation/
  2. Outil de surveillance de la déforestation liée au soja et au bétail: Soy and Cattle Tracker - Mighty Earth
  3. Voir le rapport du CST: https://www.canopee-asso.org/wp-content/uploads/2020/09/Rapport-SOJA_09-2020-1.pdf

Communiqué de presse Mighty Earth sur la nouvelle carte de responsabilité du cacao 3.0

English

La nouvelle carte de responsabilité du cacao 3.0 de Mighty Earth révèle 47 000 hectares de déforestation dans les principales régions productrices de cacao en Afrique de l'Ouest.

Washington, DC, 18 février 2021 - Lors du lancement de sa troisième mise à jour de la carte responsabilité pour le cacao, l'organisation de campagne environnementale de campagne globale, Mighty Earth, révèle que 47 000 hectares de déforestation ― plus de quatre fois la taille de la ville de Paris― s'est produit dans les régions productrices de cacao de Côte d'Ivoire, au cours de l'année écoulée. Ceci en dépit de l’engagement du gouvernement et de l’industrie du cacao à atteindre zéro déforestation et à mettre en place un mécanisme de suivi conjoint dans le cadre de l’Initiative Cacao et Forêts (CFI). Ce constat provient des données du système satellitaire d’alerte précoce des perturbations forestières qui montre près de 70 000 hectares de perturbations forestières dans le plus grand pays producteur de cacao au monde.

En collaboration avec Map Hubs et Vivid Economics - IMAGES, cette ressource révolutionnaire permet désormais aux entreprises et au gouvernement de mieux exécuter des enquêtes mensuelles de diligence raisonnable. Couvrant près de 2 000 coopératives de cacao en Côte d’Ivoire, la troisième version de la carte interactive et de la base de données intégrée permet aux utilisateurs d’examiner les schémas de déforestation, d’avoir accès à des cartes d'alerte, une carte du travail des enfants, une liste de pisteurs reconnus légalement et de consultez des indices de risque de déforestation afin de les anticiper.

La carte de responsabilité du cacao 3.0 devrait contribuer très significativement à l’amélioration croissante de la traçabilité et à révolutionner la transparence en incluant des informations récemment communiquées sur presque toutes les grandes chaînes d'approvisionnement en cacao des grandes entreprises de cacao et de chocolat opérant en Côte d’Ivoire. Elle présente également la recherche sur la chaîne d'approvisionnement du cacao créée par l’organisation Trase, révélant les flux commerciaux internationaux de cacao en provenance du Pérou, de la Colombie, du Brésil, du Ghana et de Côte d'Ivoire.

« La carte de responsabilité du cacao 3.0 s'appuie sur le travail pionnier de Mighty Earth pour établir un mécanisme de suivi conjoint pour le cacao », déclare Samuel Mawutor, conseiller principal chez Mighty Earth. « Bien que plusieurs acteurs du secteur fassent de grands progrès pour divulguer plus d'informations sur leur chaîne d'approvisionnement mondiale, le secteur manque toujours de transparence et de responsabilité. Cette carte comble le vide et fait le travail que l'industrie et le gouvernement ont promis, trois ans auparavant, de faire dans le cadre de l’Initiative Cacao et Forêts. Nous sommes fiers de collaborer avec nos partenaires Vivid Economics, Trase et Enveritas pour rendre plus efficace la surveillance de l'environnement et des droits de l'homme, en même temps. »

« Le travail de Mighty Earth pour améliorer la transparence dans l’industrie du cacao en Côte d’Ivoire est urgent et très important, » soutient Drissa Bamba, président du Mouvement Ivoirien des Droits Humains (MIDH). « En tant qu’organisation de défense et de promotion des droits humains nous ne pouvons que saluer cet engagement et inviter les autres parties prenantes (Gouvernement, négociants et compagnies) à y apporter tout leur soutien. Cela permettra d’améliorer la bonne gouvernance du secteur et de mettre fin à de nombreuses violations des droits de l’homme ».

Malgré les contributions des principales sociétés de cacao et de chocolat, de nombreuses autres n'ont pas encore répondu de manière adéquate aux cas de déforestation dans leurs chaînes d'approvisionnement et ne parviennent pas à améliorer la traçabilité de leur produit au-delà du niveau des coopératives.

« Mighty Earth appelle toutes les entreprises à publier immédiatement leur chaîne d'approvisionnement sur leur site Web, y compris toutes leurs chaînes d'approvisionnement indirectes, les achats sur le marché SPOTT (Transparence des politiques de développement durable) et les pisteurs, » soutient Amourlaye Touré, conseiller principal chez Mighty Earth. «Aucune entreprise ne peut être considérée comme durable si elle adopte l'opacité. Il y a encore beaucoup à faire pour que la révolution de la traçabilité et de la transparence porte de vrais fruits ! »

La carte de responsabilité du cacao 3.0 est la troisième version d'une carte lancée par Mighty Earth en 2020 pour promouvoir la transparence dans le circuit d'approvisionnement du cacao, un processus qui continue de lutter pour éliminer la déforestation et la pratique néfaste du travail des enfants. Depuis lors, Mighty Earth a continuellement amélioré l'outil, encourageant les parties intéressées à soumettre des informations supplémentaires. Dans un proche avenir, Mighty Earth publiera sa recherche sur la chaîne d'approvisionnement du cacao aux États-Unis basée sur une analyse des données douanières du pays.

À propos de Mighty Earth

Mighty Earth est une organisation de campagne environnementale globale qui œuvre pour protéger les forêts, conserver les océans et lutter contre le changement climatique. Nous travaillons en Asie du Sud-Est, en Amérique latine, en Afrique et en Amérique du Nord pour mener des actions à grande échelle en faveur d'une agriculture respectueuse de l'environnement qui protège les écosystèmes indigènes, la faune et l'eau et respecte les droits des communautés locales. L’équipe de Mighty Earth a joué un rôle décisif en persuadant les plus grandes entreprises alimentaires et agricoles du monde d’améliorer considérablement leurs politiques et pratiques environnementales et sociales. Pour plus d'informations sur Mighty Earth, consultez le site www.mightyearth.org/. 


La Grande Distribution S’engage Contre la Déforestation Liée Au Soja: Notre Réaction

La Grande Distribution S’engage Contre la Déforestation Liée Au Soja: Notre Réaction

La quasi-totalité de la grande distribution française – Carrefour, Casino, Auchan, Lidl, Metro, Système U, Mousquetaires et Leclerc- annoncent aujourd’hui des mesures pour mettre fin à l’utilisation de soja issu de la déforestation. Un signal important que nous saluons, mais insuffisant si les pouvoirs publics n’accompagnent pas la mise en œuvre de ces engagements et ne renforcent pas les règles qui s’appliquent à l’ensemble des acteurs. 

A l’occasion des deux ans de la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI), sept enseignes de la grande distribution viennent d’annoncer qu’elles allaient intégrer des clauses de non-déforestation liée au soja dans les cahiers des charges de leurs fournisseurs. En particulier, les distributeurs s’engagent à demander à leur fournisseur d’exclure le soja issu de la déforestation au Cerrado, la principale zone d’extension de cette culture au Brésil.

Avec plus de 2 millions de tonnes importées chaque année du Brésil pour l’alimentation des animaux (volaille, porcs, produits laitiers), notre consommation de soja est celle qui pèse le plus sur les forêts et les écosystèmes.

L’annonce des distributeurs est une étape importante mais non-suffisante comme l’explique Klervi Le Guenic, chargée de campagne à Canopée : “L’engagement des distributeurs est un signal de marché très important mais pour ne pas rester lettre morte, cette démarche volontaire doit rapidement se traduire par la mise en place de plans d’actions conséquents. Pour Lidl, Système U et Auchan c’est déjà chose faite. Les autres enseignes doivent maintenant suivre la dynamique positive enclenchée. Nous publierons prochainement un décryptage de ces différents engagements.

Pour Etelle Higonnet, coordinatrice de Mighty Earth: “Les supermarchés français sont enfin à l’écoute des préoccupations de leurs clients¹. Mais jusqu’à présent, quelques entreprises clés n’ont pas encore rejoint le manifeste : les commerçants de soja Cargill et Bunge, qui ont le pouvoir d’arrêter les importations du soja responsable de la  déforestation. Nous attendons également un engagement des négociants de soja les moins exposés à la déforestation comme COFCO et Louis Dreyfus. Dans le cas contraire, les entreprises françaises devraient suspendre leurs contrats dès le 1er janvier 2021.”

Nous exhortons tous les négociants de soja, et toutes les entreprises utilisatrices de soja dans les secteurs de l’alimentation animale, la viande, les produits laitiers, et la restauration, à s’engager.

Une condition de réussite essentielle est que le gouvernement se saisisse de ces engagements pour renforcer les obligations de vigilance de l’ensemble des entreprises. En septembre 2020, Canopée a remis un rapport réalisé dans le cadre du Conseil Scientifique et Technique pour mettre fin aux importations de soja à risque². Le manifeste que nous co-signons aujourd’hui s’inscrit dans la continuité de ce travail et appelle à en accélérer la mise en oeuvre comme l’explique Sylvain Angerand, co-auteur de ce rapport: “Notre constat est que la stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée est dans l’impasse, faute de moyens, d’arbitrages politiques forts et d’une croyance immodérée dans les engagements volontaires. Avec l’annonce des distributeurs, la balle est désormais dans le camps du gouvernement: les solutions techniques existent, des acteurs sont prêts à s’engager, il faut s’appuyer sur cette dynamique pour créer un cadre plus contraignant pour l’ensemble des entreprises, en particulier celles qui sont soumises à la loi devoir de vigilance et qui n’ont adopté aucune mesure sérieuse de lutte contre la déforestation importée.”

¹Plus de 9 sur 10 français sont mobilisés contre la déforestation et pour l’action concrète, forte. https://d25d2506sfb94s.cloudfront.net/cumulus_uploads/document/v3p20mpf8i/YG-Archive-030519-FernDeforestationAllMarkets065.pdf
²https://www.canopee-asso.org/wp-content/uploads/2020/09/Rapport-SOJA_09-2020-1.pdf


Climate Finance Day, les acteurs financiers appelés à agir contre la déforestation liée au soja

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Jeudi 29 octobre 2020 – Les centaines d’acteurs du secteur de la finance qui se réunissent aujourd’hui au Palais Brongniart de Paris à l’occasion de la tenue du Climate Finance Day (1) seront accueillis par des militants d’ONG venus les appeler à ne plus être complices des méfaits liés à la production de soja au Brésil. Dans une note exposant les impacts dévastateurs du secteur sur le climat et la biodiversité, celles-ci y exposent les mesures à adopter par les banques, assureurs et investisseurs pour contraindre les négociants à changer leurs pratiques et assurer du soja “zéro déforestation”.

“Nous sommes ici pour alerter sur les impacts de la culture de soja, une des principales responsables de déforestation en Amérique du Sud. Tirée par la demande de viande et produits laitiers que nous consommons, sa production a plus que doublé en 10 ans. Cela a des conséquences dramatiques sur certains écosystèmes comme le Cerrado” déclare Klervi Le Guenic, chargée de campagne à Canopée Forêts Vivantes.

Le Cerrado est aujourd’hui la frontière de l’expansion de la culture du soja et l’un des écosystèmes les plus menacés de la planète. 50 % de sa superficie initiale a déjà été détruite. Sa disparition serait un désastre pour le climat et la biodiversité alors qu’il stocke l’équivalent de 13,7 milliards de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) et abrite 5% de la biodiversité mondiale.

“La protection des forêts et de la biodiversité devient une préoccupation majeure des acteurs de la finance, du moins dans leurs discours. Dans les faits, leurs politiques pour prévenir les impacts liés à la déforestation et conversion d’écosystèmes naturels sont lacunaires quand elles ne sont pas tout simplement manquantes. Aujourd’hui, nous les appelons à dépasser les principes d’intention pour adopter des mesures concrètes et spécifiques à même de stopper la conversion d’écosystèmes naturels au Brésil” ajoute Lucie Pinson, fondatrice et directrice de Reclaim Finance.

Comme le montre une note publiée aujourd’hui par Canopée Forêts Vivantes, Mighty Earth, Reclaim Finance et SumOfUs, les clés du problème se trouvent au niveau du respect d’engagements “zéro déforestation” par les négociants de soja et en particulier par 4 entreprises qui contrôlent 56% du commerce mondial du soja : les ABCD ou ADM (pour Archer Daniels Midland), Bunge, Cargill et Louis Dreyfus. 9 ONG ont écrit à 11 acteurs financiers français en septembre afin de les appeler à conditionner leurs services financiers aux négociants au respect de trois mesures (2), dont l’arrêt de la commercialisation de soja issu de sols convertis avant le 1er janvier 2020.

« Cargill et Bunge sont deux des trois principales sociétés de soja qui détruisent les forêts et autres écosystèmes au Brésil. Sans conditionnement des services financiers à ces entreprises à une politique et une pratique de zéro déforestation, BNP Paribas, Crédit Agricole, BPCE et les autres institutions financières risquent d’être complices de cette destruction, et de se heurter à la loi ‘Devoir de vigilance’ commente Etelle Higonnet, directrice de campagnes chez Mighty Earth.

“Seuls 5 acteurs financiers ont répondu à notre courrier et si certains se disent prêts à en faire plus sur le soja, aucun ne s’est engagé à couper ses services aux négociants qui poursuivent leurs pratiques destructrices. Les premières victimes du soja sont les populations locales et autochtones. Elles ne peuvent être parmi nous aujourd’hui en raison de la crise sanitaire mais nous sommes déterminés à leur apporter notre soutien international tant que ce sera nécessaire” conclut Leyla Larbi, chargée de campagnes à SumOfUs.

Télécharger la note : Soja et déforestation, les acteurs financiers ne doivent plus être complices

Contact média et/ou seront présentes au Climate Finance Day :

  • Lucie Pinson, fondatrice et directrice générale de Reclaim Finance, [email protected], 06 79 54 37 15 – Sera présente au Climate Finance Day
  • Leyla Larbi, chargée de campagnes à SumOfUs, [email protected], 07 50 96 01 30
  • Klervi Le Guenic, chargée de campagne à Canopée Forêts Vivantes, [email protected], 07 52 64 08 54

État des lieux de l’avancement de l'accord sur le caoutchouc au Cameroun

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Au cours de l’été 2019, Mighty Earth a publié un rapport documentant la déforestation, les réclamations des communautés et les violations des droits humains dans la plantation Hévécam, située dans le sud du Cameroun et appartenant à la plus grande entreprise de caoutchouc au monde, Halcyon Agri. Avant la publication de ce rapport, Mighty Earth avait rencontré Halcyon pour négocier avec deux ONG locales camerounaises, l’Appui pour la Protection de l’Environnement et le Développement (APED) et le Centre pour le Développement et l’Environnement (CED), présenter ses conclusions et obtenir des engagements de la part de la société. Celle-ci s’était en effet engagée à entreprendre la restauration des forêts et les réparations auprès des communautés vivant dans les plantations camerounaises d’Halcyon, ainsi qu’à améliorer les normes de développement durable dans l’ensemble de ses exploitations dans le monde. Un accord a été conclu et signé par toutes les parties de cette négociation.

Conformément à l’Accord d’août 2019 conclu entre Mighty Earth, l’APED, le CED et Halcyon Agri, le bilan présenté ci-dessous résume notre compréhension des récents progrès réalisés par la société pour mettre en œuvre ses engagements à traiter les problèmes passés, présents et à venir liés à ses plantations de caoutchouc Hévécam et Sudcam au Cameroun. Ce bilan fait également état de l’avancée des réformes menées par la société dans ses exploitations du monde entier.

En juillet 2020, il a également été signalé à Mighty Earth qu’au Cameroun, du latex lié aux exploitations d’Halcyon avait été déversé. Ce déversement, et l’intervention d’Halcyon pour résoudre cet incident sont également traités dans cet état des lieux.

Dans un domaine clé, Halcyon a devancé l’Accord en devenant la première entreprise de caoutchouc à adopter le règlement de l’UE et une loi européenne visant à interdire la déforestation et les violations des droits humains dans les chaînes d’approvisionnement.

État des lieux général sur l'avancement de l'Accord

Depuis la publication du rapport Restauration et Réparations et la signature de l’Accord qui a suivi, Mighty Earth et ses partenaires ont suivi les progrès réalisés par la société pour mettre en œuvre les mesures correctives décrites dans l’Accord. À plusieurs reprises, nous avons rencontré, en personne et virtuellement, des représentants de l’entreprise pour examiner et évaluer les progrès réalisés dans le cadre de l’Accord, mais aussi pour identifier certaines lacunes. Depuis notre enquête et la signature de l’Accord, Halcyon a cessé toute déforestation au Cameroun et a mis en œuvre une politique zéro déforestation dans ses exploitations du monde entier. Quant aux autres éléments de l’Accord, des progrès ont été réalisés à l’exception de certains points qui ont été retardés en raison du COVID-19.

En date de juillet 2020, les détails sur les progrès réalisés dans le cadre de l’Accord sont les suivants :

1. Conseil camerounais pour le développement durable : le Conseil camerounais pour le développement durable, qui auparavant ne disposait pas d’une composition adéquate, a maintenant été mis en place avec une structure à plusieurs niveaux, permettant une prise de décision plus harmonieuse grâce à une large inclusion de la société civile camerounaise locale, des dirigeants des groupes autochtones et d’autres communautés, du secteur et du gouvernement. Le Conseil a présenté ses travaux à la plus grande association nationale, la Plateforme Communautés et Forêt ou PCF, composée de 50 groupes locaux travaillant sur les droits humains et l’environnement, et a invité cette plateforme à élire leurs représentants pour siéger au Conseil. Cette plateforme a également été chargée d’inviter des chefs des communautés touchées par la déforestation pour la culture du caoutchouc. La sélection des dirigeants des communautés concernées a été effectuée en veillant à conserver un équilibre entre les dirigeants autochtones et non autochtones, et s’est faite dans le cadre de processus ouverts et de larges consultations.

Le Conseil s’est récemment réuni et a commencé à travailler. Désormais, en plus de la société civile locale et des chefs des communautés concernées, son action vise à inclure des groupes internationaux experts en matière d’environnement et de droits humains au Cameroun. Ces derniers ont été invités à rejoindre le Conseil en tant que conseillers ou membres.

Nous attendons avec impatience les développements de ce Conseil et l’inclusion en son sein de la société civile internationale. Nous espérons également que le Conseil fera pression en faveur d’une politique zéro déforestation pour le caoutchouc au Cameroun, en synergie avec les initiatives nationales zéro déforestation pour l’huile de palme et le cacao.

2. Plaintes individuelles et communautaires collectées et organisées dans le cadre du mécanisme de règlement des griefs : les questions patrimoniales des communautés camerounaises vivant sur les concessions ont été enregistrées par la société grâce à des consultations approfondies des communautés locales. Ceci a été réalisé dans le cadre d’un processus de consultations communautaires dans les zones exploitées par Hévécam puis dans celles exploitées par Sudcam. Ce processus a été mené dans les langues locales et avec l’aide des principales ONG locales. Toutes les questions patrimoniales et réclamations afférentes ayant émergé lors des consultations ont été consignées et catégorisées dans une liste principale puis classées par ordre de priorité en fonction de leur degré d’urgence. L’entreprise s’occupe actuellement de ces réclamations, avec la participation des communautés locales et des ONG. Les règlements des griefs relatifs aux exploitations camerounaises doivent être traités en 2020 et 2021.

Halcyon a mis au point un mécanisme de règlement des réclamations et (ou) griefs en ligne et hors ligne, dont les détails peuvent être consultés en ligne. Ce mécanisme couvre aujourd’hui toute réclamation concernant les exploitations mondiales, et pas seulement au Cameroun.

Au Cameroun, en plus du mécanisme de règlement des griefs en ligne, il existe désormais des processus informels au niveau local permettant de signaler oralement de nouveaux griefs aux représentants locaux de l’entreprise ou aux ONG locales (qui les communiquent ensuite à l’entreprise). Ces processus oraux sont en cours de formalisation, notamment en raison des problèmes d’alphabétisation.

Des efforts doivent encore être déployés pour que les communautés locales puissent continuer à faire valoir efficacement leurs réclamations (au Cameroun et dans le monde entier) auxquelles Halcyon doit ensuite répondre dans les plus brefs délais.

Le récent déversement de latex près de Kribi témoigne à la fois des progrès accomplis et des possibilités d’amélioration

Début juillet, en route vers Kribi, une ville portuaire du Cameroun, un camion transportant du latex provenant de la plantation d’Hévécam et appartenant à l’un des sous-traitants d’Halcyon, a renversé sa cargaison. Le latex s’est écoulé dans la rivière Eboundja, qui se jette directement dans la mer, polluant les sols et l’eau et affectant gravement les communautés de pêcheurs voisines. Après avoir été informée de ce déversement par le sous-traitant local, il semblerait qu’une action rapide ait été entreprise par Hévécam pour nettoyer ce déversement et indemniser les personnes touchées par cet incident. Toutefois, d’après l’APED, notre partenaire local, la réactivité de l’entreprise pourrait être encore améliorée. Bien que l’entreprise ait réagi rapidement, les personnes concernées étaient mécontentes qu’une telle chose se soit produite et ont souhaité une meilleure consultation de la communauté sur la manière d’éviter à l’avenir de tels incidents. Cet incident n’a pas non plus été enregistré sur le tableau de bord en ligne des incidents. À l’avenir, Halcyon devrait veiller à ce que son tableau de bord ou son mécanisme de traitement des incidents enregistre tous les cas notables, mais aussi les plaintes déposées contre l’entreprise ou ses sous-traitants. Ainsi, les personnes concernées, les communautés et, plus largement, les parties prenantes de l’entreprise pourront comprendre au mieux ce processus et en être satisfaites. La transparence et la responsabilité sont les piliers d’une résolution efficace des incidents et il est essentiel que les communautés locales et internationales puissent savoir dans quelle mesure Halcyon respecte ses engagements.

3. Des « Cahiers de charge » problématiques : les principales questions patrimoniales qui taraudent les populations vivant dans et autour de la plantation d’Hévécam sont les anciens accords des Cahiers de charge consignés il y a des années par des fonctionnaires locaux entre la société et les communautés locales. Les communautés locales interrogées ont estimé que ces Cahiers de charge ont été largement ignorés et les promesses qu’ils contenaient n’ont pas été tenues, et ce dans divers domaines. Bon nombre de ces questions ont été traitées par le biais des processus de règlement des différends et (ou) des griefs. Ces processus consistaient à recueillir les préoccupations des communautés sur le terrain. Ces préoccupations sont mentionnées dans le point 2 ci-dessus. Si un grand nombre des questions soulevées par les communautés à propos de ces Cahiers de charge sont en train d’être traitées par le biais des processus de règlement des différends et (ou) griefs, il faudra poursuivre les efforts entrepris pour rétablir la confiance des communautés.

4. Eau : le nettoyage des sources d’eau polluées a été identifié comme une question prioritaire dans l’enquête menée par Mighty Earth avec l’APED, mais aussi dans les consultations de collecte de griefs entre les villages et la société qui ont suivi.

    1. La société a reconnu que la qualité des effluents posait problème.
    2. La nouvelle usine de Sudcam au Cameroun est équipée de systèmes de traitement visant à ne rejeter aucun effluent.[1] Ce système a déjà été construit et sera opérationnel au dernier trimestre 2020.
    3. Des plans ont été élaborés pour mettre en place un mécanisme de traitement de l’eau en circuit fermé pour les exploitations d’Hévécam.
    4. Les systèmes de traitement du caoutchouc en circuit fermé mis en place par Halcyon au Cameroun, qui permettent aux effluents de ne plus être rejetés les rivières, ressembleront à ceux qui sont aujourd’hui opérationnels dans 17 de leurs exploitations en Indonésie.
    5. Halcyon étudie d’autres mécanismes de ce type pour d’autres régions.
    6. Lors de son dernier échange avec Halcyon, Mighty Earth a souligné qu’il fallait donner la priorité aux tests de l’eau des rivières et à l’installation de forages pour approvisionner en eau propre de toutes les communautés touchées, ce que la société a accepté.
    7. Halcyon s’est engagée à aider à dépolluer des rivières en optimisant son utilisation des pesticides dans ses plantations, ceci afin d’éviter que des produits chimiques ne se déversent dans les cours d’eau à proximité. D’après la société, la réduction de l’utilisation des pesticides fait désormais l’objet d’une préoccupation constante. La récente facilité de prêt liée au développement durable octroyée par la Deutsche Bank à Halcyon est conditionnée à la réduction de l’utilisation des pesticides chimiques par hectare, avec des objectifs et des indicateurs clés de performance spécifiés dans le prêt et devant être mesurés chaque année. Mighty Earth demandera des données à ce sujet pour suivre la réduction de cette utilisation au fil du temps, et notamment celle des produits présentant les niveaux de toxicité les plus élevés et les plus persistants pour les êtres humains et la faune sauvage.
    8. Mighty Earth continuera à encourager Halcyon à réduire l’utilisation de tous les pesticides dans sa chaîne d’approvisionnement mondiale en caoutchouc, directe et indirecte.

5. Traçabilité et transparence : pour mettre fin à la déforestation, aux violations des droits humains et aux problèmes relatifs au travail d’une chaîne d’approvisionnement, garantir sa transparence est une première étape fondamentale. Depuis la signature de l’Accord, Halcyon a évolué vers une plus grande traçabilité et transparence de ses exploitations mondiales grâce au Sustainability Policy Transparency Toolkit de la Zoological Society of London (SPOTT de la ZSL), un outil d’évaluation de la transparence de la chaîne d’approvisionnement. SPOTT a évalué plusieurs producteurs et transformateurs de caoutchouc naturel — y compris Halcyon — en se fondant sur la divulgation publique de leurs politiques, sur leurs exploitations et sur leurs engagements en matière de bonnes pratiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). Chaque entreprise a obtenu une note sous forme de pourcentage et un classement pour mesurer sa transparence par rapport aux risques ESG. Halcyon utilise l’outil SPOTT dans l’ensemble du groupe et pas seulement pour son approvisionnement du Cameroun. La société contrôle 12 % du commerce mondial du caoutchouc. Avec une note de 69,6 %, Halcyon a ainsi obtenu la deuxième place dans le classement SPOTT pour le caoutchouc de la ZSL. Ci-dessous, une note de ce blog passe en revue les critères pris en compte par SPOTT pour le caoutchouc. Mighty Earth continuera à encourager Halcyon à améliorer sa traçabilité et sa transparence sur l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement mondiale en caoutchouc, directe et indirecte, en grande partie grâce à l’outil SPOTT de la ZSL.

6. Droits des populations autochtones : il reste beaucoup à faire sur la question des droits des populations autochtones, compte tenu des décennies d’abus graves et généralisés. La société civile et Halcyon doivent soutenir le gouvernement qui doit entreprendre un travail au niveau national et local pour garantir la représentation des populations autochtones, l’inclusion civique, et faciliter l’accession à certains droits comme les certificats de naissance, les papiers de citoyenneté, et les droits de dénomination des terres et des villages. Halcyon devrait former des partenariats et collaborer avec le gouvernement et la société civile pour s’assurer que les besoins des communautés autochtones touchées sont pris en compte.

7. Équité en matière d’emploi : l’équité en matière d’emploi pour les populations locales dans les plantations au Cameroun et à tous les niveaux de l’entreprise, y compris pour les populations autochtones et les femmes, est un problème qui a été mis en lumière par l’enquête de Mighty Earth. L’entreprise a promis de s’attaquer à ce problème et a recueilli depuis des données sur l’état actuel des choses (que Mighty Earth se réjouit d’examiner). Elle a également promis de revoir ses pratiques de gestion des ressources humaines. Halcyon doit continuer à améliorer ses pratiques d’embauche et de maintien en poste, afin que celles-ci soient plus équitables.

8. Soutenir les petits exploitants au Cameroun : en développant son programme pour les petits exploitants sous-traitants, Halcyon a collaboré avec Proforest pour son évaluation des critères environnementaux, et avec l’APED et l’APIFED pour son engagement auprès des communautés. Le programme pour les petits exploitants garantira une politique zéro déforestation pour l’ensemble de ses exploitations. Il sera lancé dès l’année prochaine. Mighty Earth continue à dialoguer avec l’entreprise pour que celle-ci intègre dans son programme des critères d’inclusion, en particulier envers les parties prenantes locales, et d’inclusion et d’équité pour les communautés autochtones et les femmes.

9. Zéro déforestation : Halcyon s’est engagée à mettre fin à toute déforestation sur l’ensemble de ses plantations, y compris celles du Cameroun. Suite à de récents échanges avec l’entreprise et des partenaires de la société civile locale, et après avoir analysé des cartes satellites du Cameroun, Mighty Earth estime que ces engagements sont actuellement respectés.

Halcyon s’est également engagée à veiller à ce que son approvisionnement en caoutchouc en dehors du Cameroun n’implique aucune déforestation, y compris dans ses chaînes d’approvisionnement de la région du Mékong (au Cambodge, au Laos, en Thaïlande et au Vietnam). Mighty Earth attend qu’Halcyon lui adresse des rapports et des vérifications supplémentaires sur les progrès réalisés, pour s’assurer que le caoutchouc est bien produit sans déforestation dans l’ensemble de ses chaînes d’approvisionnement en Asie. Ces vérifications doivent éclairer les questions complexes de la déforestation dans la chaîne d’approvisionnement indirecte en caoutchouc provenant de petits agriculteurs. Le travail d’Halcyon visant à se séparer de l’approvisionnement en caoutchouc lié à une éventuelle déforestation comprend le lancement de sa politique d’approvisionnement responsable développée avec Rainforest Alliance.

10. Forêts communautaires au Cameroun : dans le cadre de son engagement zéro déforestation, Halcyon a accepté de ne pas toucher aux forêts restantes des nouvelles zones de concession, mais plutôt de les convertir en forêts communautaires. Ceci a pour but de confier la gestion de ces terres aux communautés locales dépendantes de la forêt, y compris les communautés autochtones. Plutôt que de rendre ces zones au gouvernement, qui pourrait les concéder à une autre société qui à son tour chercherait à les exploiter, ces terres seront détenues et gérées en tant que forêts communautaires par les populations locales, avec l’aide d’organisations de la société civile camerounaise, selon un modèle à déterminer. Un plan pour la forêt a été rédigé, et la décision finale sur la gestion des terres forestières communautaires bordant la réserve de faune du Dja est en train d’être déterminée par le Conseil camerounais pour le développement durable qui comprend des ONG locales et des dirigeants des communautés locales concernées. Le Conseil a voté en faveur d’une « cogestion des terres par Sudcam et les communautés avec un contrôle de son utilisation par les communautés ». Les raisons en faveur de cette cogestion sont les suivantes :

  • Une opportunité de cogestion/gestion participative de cette zone avec les communautés ;
  • Sudcam possède un bail à long terme de la forêt et la cogestion de Sudcam devrait donc être acceptable ;
  • Cette cogestion ne devrait pas nécessiter de démarches complexes auprès du gouvernement si elle est présentée comme une initiative de Sudcam avec le soutien des communautés ;
  • Le plan de gestion sera élaboré de manière à exclure l’exploitation forestière, mais à servir à la fois les intérêts de conservation de Sudcam et l’utilisation de la forêt par les communautés ;
  • Cette cogestion permet d’explorer les possibilités d’un futur système de PSE (paiement pour services environnementaux) pour les communautés ;
  • Le gouvernement ne peut pas accorder de permis d’exploitation (vente de coupe) aux sociétés d’exploitation forestière pour ces forêts ;
  • Ces forêts peuvent ne pas nécessiter de procédure de classement, car elles font partie de la concession de Sudcam
  • Le plan de gestion et les règlements peuvent couvrir la durée du bail de Sudcam.

 

Dans l’ensemble, Halcyon a pris des mesures essentielles et encourageantes pour la protection des forêts, son engagement auprès des communautés, sa réactivité en cas d’incident et le règlement des griefs actuels et antérieurs. Néanmoins, l’entreprise a encore un long chemin à parcourir pour que ses exploitations au Cameroun et dans le monde entier soient pleinement durables. L’inclusion constante des parties prenantes locales, en particulier des populations autochtones, sera essentielle pour continuer à aller de l’avant. Mighty Earth reste déterminée à œuvrer avec l’entreprise pour que tous les éléments de l’Accord soient respectés.

 

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ONG : L'industrie et les gouvernements affaiblissent-ils le nouveau rapport cacao pour minimiser le travail des enfants et la pauvreté des agriculteurs ?

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Les documents de stratégie de la Fondation mondiale du cacao (WCF) qui ont fuité montrent que l'industrie est plus préoccupée de soigner sa communication que par l'élimination de la pauvreté des agriculteurs ; Le projet initial de rapport attendu sous peu révèle que des enfants travaillent toujours dans les champs de cacao d'Afrique de l'Ouest, souvent dans des conditions dangereuses.

Des ONG des États-Unis, d'Europe, du Royaume-Uni et d'Australie œuvrant pour une industrie du chocolat plus durable réclament un avenir meilleur pour lutter contre deux problèmes majeurs liés à l'approvisionnement en cacao d'Afrique de l'Ouest : le travail des enfants et la dévastation environnementale. Les ONG (Mighty Earth, Be Slavery Free, Green America, Freedom United et Fair World Project) remettent en question un prochain rapport potentiellement édulcoré basé sur des données pré-COVID obsolètes. Les organisations exigent des solutions urgentes pour le très grand nombre d'enfants pris dans des conditions de travail abusives et illégales dans le secteur du cacao, ainsi que contre la destruction des forêts.

Depuis près de 20 ans, la question du travail des enfants et de l’esclavage est sur le radar de l’industrie qui s’approvisionne en Afrique de l’Ouest, région qui produit environ 66% du cacao mondial. Au cours de cette période, le développement de l'industrie du cacao et la demande mondiale de chocolat ont entraîné la dévastation des forêts et l'utilisation généralisée de produits chimiques dangereux. L'industrie n'a pas fait suffisamment d'efforts pour changer efficacement la situation. Il est maintenant évident que la situation s'est aggravée à cause de la pandémie.

L'appel à l'action des ONG intervient avant la publication d'un nouveau rapport de NORC, institut de recherche à l'Université de Chicago, examinant la prévalence du travail des enfants dans le cacao au Ghana et en Côte d'Ivoire. L’ébauche de ce rapport qui a été involontairement diffusé en avril, révéla que malgré des décennies de battage médiatique et d'efforts volontaires des entreprises, le travail des enfants avait grimpé et touchait désormais 2 millions d'entre eux. Ce rapport NORC divulgué a également révélé que le nombre d'enfants travailleurs exposés à des pesticides nocifs avait augmenté.

Suite à cette divulgation involontaire, la publication du rapport final a été retardée afin que NORC retravaille la méthodologie. Cela pourrait avoir pour conséquence une sous-estimation du nombre d’enfants travailleurs dans la version finale. « Aucune modification ni aucun remaniement de la méthodologie ne peut occulter le fait que des découvertes significatives d'enfants dans des conditions dangereuses, d'exploitation ou d'esclavage dans le cacao démontrent l'échec de vingt ans de l'industrie et du gouvernement à agir efficacement contre le problème », a déclaré Todd Larsen, Co-directeur exécutif de Green America.

Quelles que soient les conclusions du rapport final, les données obtenues par NORC sont obsolètes. En effet, la collecte de données est antérieure à l’épidémie de COVID-19 qui se traduit par une augmentation estimée de 15 à 20% du travail des enfants en Côte d’Ivoire et au Ghana, sur la base de recherches provenant de sources multiples. La situation économique générale des pays producteurs de cacao s’est considérablement détériorée à mesure que l’économie mondiale s’arrêtait pendant la pandémie.

Un document de stratégie de la Fondation Mondiale pour le Cacao (Le WCF est une organisation commerciale comptant 100 entreprises membres) qui décrit les planifications de l'industrie et les points de discussion pour répondre aux conclusions du rapport a aussi fuité. Ces points de discussion divulgués révèlent comment l'industrie a été informée à l'avance des conclusions du rapport. Le document exhorte les entreprises à faire de la publicité au sujet de leurs efforts pour lutter contre le travail des enfants, mais ne pousse pas les entreprises à lutter contre la pauvreté des agriculteurs – ce qui est pourtant un facteur clé derrière le travail des enfants et la déforestation dans les pays touchés. Selon Etelle Higonnet de Mighty Earth « il semble que l'industrie du cacao s'intéresse plus aux relations publiques qu'aux vraies solutions pour les enfants, les planteurs, ou les forêts. »

Le chocolat est une industrie générant plus de 100 milliards de dollars par an. Pourtant, la plupart des producteurs de cacao vivent avec moins de 1 dollar par jour. À l’heure actuelle, il n'y a aucun engagement à l'échelle de l'industrie à payer un revenu vital aux agriculteurs. La Fondation Mondiale pour le Cacao (WCF) déclare que l'industrie a dépensé 215 millions de dollars pour lutter contre le travail des enfants sur une période de 20 ans. Carolyn Kitto de Be Slavery Free explique que : « Ce montant arrive trop peu, et trop tard pour de nombreux enfants. Il est dérisoire par rapport aux milliards de dollars de revenus du cacao pour les gouvernements, les commerçants, les transformateurs, les fabricants et les détaillants. Tant que les entreprises ne se mobiliseront pas et ne paieront pas un revenu vital pour tous les producteurs de cacao, les millions consacrés à la lutte contre le travail des enfants ne sont qu’une goutte d’eau dans la mer. »

Herrana Addisu, chargée de plaidoyer pour Freedom United, a souligné que « les dures réalités actuelles du cacao, qui dépassent de loin les conclusions du rapport NORC, doivent être un appel à l'action pour que les gouvernements adoptent une normes obligatoire sur le devoir de diligence en matière de droits humains et d’examen de la valeur des engagements volontaires. Ces derniers, une fois de plus, n'ont pas réussi à réduire de manière significative le travail des enfants ni les autres abus dans les chaînes d'approvisionnement du chocolat. »

Les ONG appellent les détaillants, les entreprises de chocolat et les commerçants à :

  • Faire pression pour l'adoption de lois sur la diligence raisonnable en matière de droits de l'homme dans le monde entier ;
  • Augmenter les paiements aux producteurs de cacao pour atteindre un revenu vital ;
  • Accroître la surveillance du travail des enfants et les programmes de remédiation pour atteindre l’objectif de 100% des communautés productrices de cacao respectueuses des droits des enfants ; et
  • Réduire l'utilisation de pesticides toxiques et autres dommages environnementaux dans le cadre d'un engagement à mettre fin à la déforestation et à instaurer des pratiques agroforestières respectueuses de l'environnement.

Des solutions holistiques gagnant-gagnant pour les agriculteurs et les forêts doivent être déployées de toute urgence. « Comme la crise du COVID-19 l'a clairement montré, la santé des personnes et la santé de notre planète sont interconnectées », a déclaré Anna Canning, responsable de campagne chez Fair World Project. « Nous devons mettre fin à l'utilisation des pesticides et autres produits chimiques, avec des objectifs d'agriculture biologique et régénératrice pour l'ensemble de l'industrie, car les preuves sont désormais claires : l'industrie empoisonne les gens, en particulier les enfants, afin d'augmenter ses profits. »

Le rapport NORC est réalisé dans le cadre du protocole Harkin-Engel, un accord non contraignant entre certaines des plus grandes entreprises de chocolat et le gouvernement américain, dans lequel l'industrie s'est engagée à mettre fin au travail des enfants dans le cacao, il y a vingt ans. Ce protocole expirera dans la seconde moitié de 2021. Au cours des vingt années qui se sont écoulées depuis la mise en place du protocole Harkin-Engel, les enfants dont le travail documenté a motivé la création du protocole ont grandi et leurs enfants sont peut-être, eux-mêmes, désormais des ouvriers dans les champs de cacao. « Combien de générations d'enfants doivent manquer l'école et les opportunités de progresser, avant que l'industrie du cacao ne prenne enfin les mesures nécessaires pour mettre fin au problème ? » s’interroge Charlotte Tate, directrice des campagnes syndicales pour Green America.

Par:  Mighty Earth, Be Slavery Free, Green America, Freedom United et Fair World Project.


Rapport: Michelin a dissimulé par le biais d’une entreprise de caoutchouc « respectueuse de l’environnement » la déforestation industrielle pratiquée par son partenaire indonésien

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Un nouveau rapport révèle que la plus grande entreprise de pneus au monde recherche actuellement auprès d’investisseurs des millions de dollars supplémentaires pour restaurer la forêt que son propre partenaire en affaires a détruite

WASHINGTON, DCUn nouveau rapport publié aujourd’hui par le groupe de campagnes environnementales Mighty Earth affirme que Michelin, le plus grand fabricant de pneus au monde, s’est rendu complice en la dissimulant d’une déforestation à l’échelle industrielle de plus de 2 500 hectares de forêt tropicale. Cette déforestation a eu lieu à l’approche du lancement de son projet phare de joint-venture de caoutchouc naturel durable et « respectueux de l’environnement » à Sumatra, en Indonésie. Ce projet, entrepris en partenariat avec une société décrite comme « faisant partie de Barito Pacific Group », recherche actuellement un investissement supplémentaire de 120 millions de dollars auprès de bailleurs de fonds verts.

Ce rapport montre que près de 2 590 hectares de forêt tropicale — soit plus de sept fois la superficie de Central Park à New York, ou l’équivalent du centre de Paris — ont été défrichés industriellement par des filiales de son partenaire indonésien de joint-venture. Cette déforestation a été enregistrée dans la province de Jambi, à Sumatra, sur une période de 33 mois et jusqu’en janvier 2015. Elle a fait place à des plantations d’hévéas désormais exploités dans le cadre du projet phare Royal Lestari Utama (RLU), centré sur la production de caoutchouc, et la conservation de la biodiversité. Mighty Earth a également découvert que sur ce total, 1 298 hectares de forêt tropicale ont été défrichés industriellement dans une zone de conservation de la faune sauvage. Cette zone est aujourd’hui plantée de milliers d’hévéas exploités dans le cadre du projet RLU.

Situées à côté du parc national de Bukit Tigapuluh, dans le centre de Sumatra, ces zones de forêts tropicales très riches en biodiversité et d’une importance mondiale, abritent deux communautés autochtones dépendantes de la forêt — les Talang Mamak et les Orang Rimba — et constituent un habitat vital pour des espèces menacées comme les éléphants et les tigres de Sumatra, mais aussi les orangs-outans réintroduits.

Le groupe français Michelin est le plus grand fabricant de pneus au monde, et le caoutchouc naturel est l’ingrédient essentiel des pneus qu’il fabrique et vend dans le monde entier. Depuis sa création, le projet RLU a bénéficié du financement de la première « obligation verte » d’Asie en faveur du développement durable des entreprises d’un montant de 95 millions de dollars, ainsi que des fonds publics des gouvernements norvégien, britannique et américain. Il devrait bientôt recevoir d’autres financements provenant d’une deuxième obligation verte d’un montant de 120 millions de dollars.

« Cette déforestation est un scandale majeur », a déclaré Alex Wijeratna, directeur de campagne à Mighty Earth, et auteur du rapport. « Nous pouvons prouver que des milliers d’hectares de forêt tropicale très riches en biodiversité, ont été défrichés industriellement dans la province de Jambi avant l’accord du projet RLU conclu à la fin de l’année 2014. Michelin était au courant de cette terrible destruction et n’en a pas fait assez pour l’arrêter. L’entreprise a plutôt choisi de fournir une couverture verte au projet afin d’attirer les investisseurs en obligations vertes qui ont depuis injecté des millions de dollars dans ce programme. »

En mai 2015, Michelin a annoncé publiquement le lancement de son projet de joint-venture, le RLU, un projet d’exploitation d’une superficie de 88 000 hectares, avec une société indonésienne plus tard officiellement décrite comme « faisant partie de Barito Pacific Group ». À l’époque, Michelin avait déclaré que la zone de concession de la province de Jambi avait été «ravagée par une déforestation incontrôlée», en rejetant la faute sur des coupables extérieurs tels que les migrants, la criminalité organisée et d’autres personnes empiétant sur la forêt.

Le rapport de Mighty Earth affirme au contraire que c’est le partenaire de Michelin lui-même — la filiale de RLU connue sur le terrain sous le nom de PT Lestari Asri Jaya (LAJ) — qui a perpétré une grande partie de cette destruction par le biais de défrichements industriels, et notamment dans une parcelle de la concession connue sous le nom de LAJ 4. La nouvelle publication, Complice : une enquête sur la déforestation liée au projet Royal Lestari Utama de Michelin à Sumatra, en Indonésie, montre qu’en avril 2012, 3 966 hectares de forêt intacte couvraient la quasi-totalité de la zone d’étude de cas située dans la concession LAJ 4. Lorsque le projet de joint-venture RLU a débuté en janvier 2015, il ne restait plus que 138 hectares de cette forêt. L’analyse d’images satellites à haute résolution menée par Mighty Earth indique que des plantations industrielles d’hévéas ont remplacé cette forêt naturelle.

Mighty Earth est en pourparlers avec Michelin et RLU en Indonésie au sujet des recherches qu’elle a menées dans la province de Jambi depuis septembre 2019, et leur a demandé de divulguer plusieurs documents et rapports clés de diligence raisonnable en matière sociale et environnementale rédigés avant le lancement du projet. Mighty Earth a essuyé plusieurs refus, malgré le fait que des fonds publics aient été alloués pour soutenir le projet.

Le groupe de campagnes a pu consulter l’une de ces évaluations confidentielles préalables à la création de la joint-venture, et assure que Michelin a bel et bien été informé de ce qui se passait alors sur le terrain à Jambi.

« Mighty Earth a pris connaissance d’un rapport confidentiel commandé par Michelin. Ce rapport montre que la société savait que la déforestation dans les concessions de PT LAJ était en partie le résultat du défrichement effectué par la société PT LAJ elle-même, explique Alex Wijeratna. Il comprend des photos géolocalisées de bulldozers de LAJ défrichant des forêts à proximité du parc national de Bukit Tigapuluh. Nous ignorons en revanche si Michelin a partagé ces informations avec des donateurs, des bailleurs de fonds ou des investisseurs en obligations vertes. »

« Les investisseurs publics et privés dans ces soi-disant nouvelles “obligations vertes” ou “obligations de développement durable” ont jusqu’à présent injecté de bonne foi près de 100 millions de dollars dans le projet RLU en Indonésie, et il leur sera bientôt demandé 120 millions de dollars supplémentaires, poursuit Alex Wijeratna. Nous souhaitons qu’une enquête indépendante fasse toute la lumière sur cette sombre affaire qui s’est déroulée pendant l’élaboration de ce projet de soi-disant caoutchouc vert. Nous pensons aussi que la deuxième offre “d’obligations vertes” ne devrait pas avoir lieu tant que tous les faits relatifs aux événements de Jambi ne seront pas rendus publics. »

Les processus opaques de diligence raisonnable et de consultation des communautés ont aussi des répercussions sociales durables dans la province de Jambi. « Les agriculteurs ont fait état de conflits fonciers avec la filiale locale de RLU sur le terrain », explique Fenna Otten, du département de géographie humaine de l’université de Göttingen, qui a mené des recherches sur le terrain dans le village voisin de Muaro Sekalo en 2017. « Les villageois ont rapporté qu’ils n’avaient pas eu d’autre choix que de laisser leurs terres à la société. Ils ont été délogés et se sont sentis impuissants. Michelin ne devrait pas obtenir de financement par le biais d’obligations vertes ni recevoir d’éloges publics pour ce projet de développement durable qui n’est qu’une mascarade. »

À la mi-septembre, en organisant une manifestation à Tebo, dans la province de Jambi, les communautés locales ont à nouveau protesté contre ce qu’elles considèrent comme des accaparements injustes de leurs terres en faveur du projet RLU.

« Vous ne pourrez cesser la déforestation et l’accaparement des terres si vous ne savez pas qui en est responsable, explique Alex Wijeratna. Ce manque de transparence est un problème qui ne touche pas seulement Michelin, mais affecte l’ensemble du secteur du caoutchouc. Michelin ne veut même pas divulguer le nom des entreprises auprès desquelles elle s’approvisionne en caoutchouc. Si Michelin veut être à la hauteur de ses ambitions en matière de lutte contre la déforestation et de respect des droits humains, la société doit faire toute la lumière sur ce qui s’est passé à Jambi et mettre à profit sa position de leader du secteur pour devenir promotrice d’une plus grande transparence dans toute la chaîne d’approvisionnement du caoutchouc. »


Une coalition historique pour le Cacao Durable au Ghana et en Côte d’Ivoire

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Déclaration Commune de 350 ONG ivoiriennes qui soutiennent l’initiative du Gouvernement visant à garantir un revenu suffisant aux planteurs et à protéger les forêts

ABIDJAN, CÔTE D'IVOIRE – Aujourd’hui, 350 ONG environnementales, des droits humains et de bonne gouvernance signent une déclaration collective qui souligne les étapes que les gouvernements ghanéen et ivoirien doivent prendre pour promouvoir un cacao durable, tout en aidant les paysans et en protégeant les forêts.

Les signataires, au nombre desquels l’Observatoire Ivoirien pour la gestion durable des Ressources Naturelles (OI-REN), La Convention de la Société Civile Ivoirienne (CSCI), l’Institut Africain pour le Développement Économique et Social (INADES) et certaines coalitions importantes comme le Regroupement des Acteurs Ivoirien des Droits de l'Homme (RAIDH) soutiennent la mise en œuvre d’un prix plancher annoncé par les gouvernements du Ghana et de la Côte d’Ivoire. Ils demandent, par contre, la garantie que le nouveau prix plancher fournira des revenus additionnels aux paysans, sans pour autant accroitre la déforestation. La lettre fait écho aux appels précédents pour un prix plancher bien géré des sociétés civiles du Ghana, du Cameroun, de l’Union Européenne et des Etats-Unis. La déclaration commune souligne que l’implémentation de cette initiative est devenue plus urgente à cause de la pandémie mondiale du coronavirus qui amplifie la pauvreté et perturbe l’économie.

“La société civile s’unit pour se battre pour le cacao durable,” dit Amourlaye Touré, le Représentant de Mighty Earth en Afrique de l’Ouest. “ Un prix plancher pour le cacao est une étape importante mais les gouvernements doivent maintenant assurer que l’industrie va effectivement payer les prix indiqués et que les fonds levés par cette initiative iront vraiment aux paysans qui reçoivent actuellement moins d’un dollar par jour.”

La déclaration commune des ONG souligne qu’il importe, afin de prévenir d’éventuels détournements, que les revenus générés par le prix plancher soient gérés de façon transparente, avec des avantages pour les paysans appauvris. En Côte d’Ivoire, notamment, l’agence responsable de la gestion des aires protégées n’a pas toujours été sans reproche en matière de corruption ; des problèmes similaires affectent les autorités ghanéennes qui sont responsables de la régulation de la déforestation. Selon la Banque Mondiale, comme signalé par Reuters, “La corruption et la mauvaise gestion de l’industrie du cacao au Ghana nuisent à la production et fragilise les paysans, mettant en lumière le besoin urgent de réformes.”

La nouvelle déclaration commune met également les gouvernements ivoirien et ghanéen face à leurs responsabilités en ce qu’ils doivent s’assurer que le prix plancher ne déclenche pas une vague de déforestation dans un environnement naturel déjà dévasté. En effet, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont les taux les plus élevés de déforestation dans le monde ! Les deux pays ont perdu environ 90 pour cent de leurs forêts, depuis leur indépendance, dont un tiers du fait du cacao.

“Généralement, quand le prix d’un produit augmente, la déforestation s’accroît également. Les deux gouvernements doivent agir maintenant et mettre à exécution le mécanisme de surveillance conjoint, comme ils l’avaient promis en 2017 dans le cadre de l’Initiative Cacao et Forêts (ICF),” affirme le représentant de Mighty Earth. “ Des progrès réels ont été accomplis dans la lutte contre la déforestation. Le Ghana et la Côte d’Ivoire sont parvenus à réduire la perte de forêts primaires de 50 pour cent, de 2018 à 2019. Il ne faut donc montrer aucune complaisance.”

La société civile fait aussi pression pour un nouvel engagement à respecter les droits des petits planteurs de cacao qui sont particulièrement vulnérables. Le nouveau code forestier annoncé l’an dernier résulterait en l’éviction de milliers de petits paysans. Il est estimé que 1.5 à 2 millions de planteurs de cacao vivent dans des forêts protégées et des parcs nationaux au Ghana et en Côte d’Ivoire. Bien que le gouvernement de Côte d’Ivoire ait le droit de récupérer les forêts destinées à être conservées, la loi internationale protège contre les expulsions forcées qui ne respectent pas la dignité et les droits des personnes vivant sur ces sites.

Enfin, la déclaration commune fait remarquer que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour mettre fin au travail des enfants dans l’industrie du cacao.

La pandémie due au coronavirus a aggravé certaines difficultés existantes. Un nombre plus grand de paysans ont du mal à subvenir à leurs besoins vitaux et le travail des enfants ne recule pas à cause de la crise économique qui s’intensifie. “Il faut que le prix plancher du cacao soit bien géré afin de protéger les moyens de subsistance des producteurs et pour renforcer les progrès constatés au cours des dernières années pour un cacao durable.”

 


Les plus grandes entreprises mondiales de chocolat notées sur leurs initiatives pour mettre fin aux violations environnementales et du droit du travail

À l'approche des fêtes de Pâques, des groupes de pression internationaux publient un guide d'achat destinés aux consommateurs 

Pour les fêtes de Pâques, Mighty Earth, Green America et Be Slavery Free ont publié un tableau d'évaluation commun analysant les actions entreprises par les plus grands fabricants mondiaux de chocolat pour répondre aux préoccupations sociales et environnementales de leur secteur. Godiva s'est vu décerner le prix de l’Œuf pourri pour ses piètres performances, et Tony's Chocolonely l’Œuf d'or pour ses initiatives visant à transformer la filière. Depuis 2018, Mighty Earth publie chaque année ce guide d’achat de Pâques.

« Grâce à ce tableau d’évaluation, les consommateurs peuvent acheter leurs chocolats de Pâques en toute connaissance de cause et savoir si leurs chocolats sont susceptibles d’être entachés par la déforestation et des violations des droits humains, explique Etelle Higonnet, directrice de campagne senior pour Mighty Earth. En cette période de crise mondiale, les achats des consommateurs mettent en évidence que nous sommes tous dans le même bateau et vraiment interconnectés. »

Les trois groupes de pression ont sondé 13 chocolateries et huit fournisseurs de cacao. Ils ont ainsi évalué leurs politiques sur les six défis les plus urgents à relever pour le secteur du chocolat : la diligence raisonnable obligatoire, la transparence et la traçabilité, la déforestation et le changement climatique, l’agroforesterie, les politiques relatives au revenu de subsistance et enfin le travail des enfants. Pour ce dernier enjeu, l’évaluation s’est concentrée principalement sur les systèmes de surveillance et de lutte contre le travail des enfants. La méthodologie utilisée est consultable ici.

« Pâques représente la haute saison des ventes mondiales de chocolat, avec une part de marché bien plus importante que Noël, la Saint-Valentin ou encore Halloween. En même temps, les pays pauvres où le cacao est cultivé n’ont peut-être pas la marge de manœuvre financière nécessaire pour surmonter la pandémie actuelle. Les communautés qui souffrent déjà de malnutrition et de faibles revenus seront sévèrement touchées, a déclaré Fuzz Kitto, co-directeur national de Be Slavery Free en Australie. Raison de plus pour que les consommateurs se mobilisent et achètent des chocolats auprès d’entreprises qui s’efforcent de mettre fin aux abus environnementaux et aux violations des droits du travail dans la filière du cacao ».

Le chocolatier Godiva a remporté le prix de l’Œuf pourri pour ne pas avoir pris ses responsabilités quant aux conditions de fabrication de ses chocolats, malgré les énormes profits qu’il en a tirés. Godiva s’est distingué par ses mauvaises notes dans tous les domaines. En comparaison avec d’autres marques de chocolat, Godiva a très peu progressé ces dernières années sur les questions sociales et environnementales.

Tony’s Chocolonely, qui s’approvisionne auprès du même fournisseur que Godiva, a quant à lui remporté le prix de l’Œuf d’or. Lorsque l’on compare les mesures prises par ces deux entreprises, les différences sont frappantes. Tony's s'efforce de démontrer qu’un business model éthique est possible dans le secteur du chocolat, et veille à soutenir son fournisseur afin d’améliorer ses pratiques. Tony’s a obtenu de bons résultats dans toutes les catégories de l’évaluation.

« 2020 est une année importante pour le secteur du chocolat. Deux décennies se sont écoulées depuis que les chocolatiers du monde entier ont signé le protocole Harkin-Engel, un accord visant à assainir le secteur. Malheureusement, très peu de choses ont changé depuis, a déploré Charlotte Tate, responsable des campagnes pour la justice du travail chez Green America. Le secteur du chocolat reconnaît néanmoins que les initiatives solitaires ne fonctionnent pas et un nombre croissant d’entreprises réclame une réglementation publique. Elles reconnaissent qu’elles ne peuvent pas résoudre seules ces problèmes et ont besoin d’une réglementation gouvernementale bien plus rigoureuse. »

D’après des recherches menées par l’Université de Tulane, près de 2,1 millions d’enfants travaillent dans les plantations de cacao, et 96 % d’entre eux doivent réaliser des travaux considérés comme dangereux. Ces dernières années, des recherches du World Resources Institute ont mis en évidence une augmentation de la déforestation au Ghana et en Côte d’Ivoire, les principaux pays producteurs de cacao. Les cultivateurs de cacao vivent souvent dans une très grande pauvreté, alors que chaque année, les entreprises du secteur du chocolat engrangent des milliards de dollars. Si des progrès sont réalisés dans les chaînes d’approvisionnement directes pour le cacao, des inquiétudes subsistent quant aux effets néfastes des chaînes d’approvisionnement indirectes sur l’environnement, sur la déforestation en particulier, et sur les personnes. Ces enjeux montrent qu’il est urgent de redoubler d’efforts pour transformer le secteur du cacao en une industrie durable.

 

À propos de Mighty Earth :

Migthy Earth est une organisation internationale de campagnes environnementales qui s’attache à la protection des forêts, la conservation des océans et se préoccupe du changement climatique. Nous travaillons en Asie du Sud-Est, en Amérique latine, en Afrique et en Amérique du Nord pour mener des actions à grande échelle en faveur d’une agriculture responsable qui respecte les écosystèmes naturels, la vie sauvage, l’eau et les droits des communautés locales. L’équipe de Mighty Earth a joué un rôle décisif en persuadant les plus grandes entreprises mondiales de l’agroalimentaire d’améliorer drastiquement leurs politiques et leurs pratiques environnementales et sociales. Vous trouverez plus d’information au sujet de Mighty Earth sur : www.mightyearth.org/.

 

À propos de Green America

Green America est la plus importante organisation aux États-Unis militant en faveur d’une économie verte. Fondée en 1982, Green America propose des stratégies économiques, des moyens organisationnels et des outils pratiques destinés aux entreprises et aux particuliers pour résoudre les problèmes sociaux et environnementaux d’aujourd’hui. http://www.GreenAmerica.org

 

À propos de Be Slavery Free

Be Slavery Free est une coalition d’organisations ayant une expérience de terrain en matière de prévention, de déstabilisation et de réparation de l’esclavage moderne. Depuis 2007, Be Slavery Free travaille de concert avec l’industrie du chocolat et milite contre le travail des enfants et l’esclavage. https://beslaveryfree.com


La « Carte responsabilité pour le cacao » de Mighty Earth instaure une transparence sans précédent dans le secteur du cacao en Côte d’Ivoire

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Cette carte interactive comporte des informations inédites, comme les emplacements des coopératives certifiées Rainforest Alliance et Fairtrade et des informations sur les sources d’approvisionnement des principales entreprises de chocolat

WASHINGTON, DC ET ABIDJAN, CÔTE D’IVOIRE — Mighty Earth a annoncé aujourd’hui la publication de sa Carte responsabilité pour le cacao pour la Côte d’Ivoire. Cette carte interactive, associée à une base de données intégrée listant près de 5 000 coopératives de cacao dans le plus grand pays producteur de cacao au monde constitue une première historique.

Les jeux de données inclus dans la Carte responsabilité pour le cacao sont inédits. Ils comprennent les listes des coopératives certifiées par Rainforest Alliance/UTZ et Fairtrade International ainsi que des informations retraçant la chaîne d’approvisionnement en chocolat de Hershey’s et Cémoi jusqu’au niveau de la coopérative. Des informations sur les coopératives de géants du chocolat comme Lindt, Nestlé, Valhrona et d’autres sociétés y figurent également.

« Pour la première fois, des entreprises et des organismes de certification ont mis à disposition des informations sur leur chaîne d’approvisionnement. Ceci nous permet, et permet maintenant à tous et partout, d’améliorer la traçabilité du cacao et plus rapidement », a déclaré Etelle Higonnet, directrice de campagne senior pour Mighty Earth. « Dans un secteur qui lutte encore contre les fléaux du travail des enfants et de la déforestation, la transparence est un premier pas essentiel vers une responsabilisation de l’industrie et une amélioration de ses pratiques. En substance, la Carte responsabilité pour le cacao fait ce que le secteur du chocolat et le gouvernement ont promis de faire il y a deux ans : créer un mécanisme conjoint de surveillance pour le cacao. Comme ils ne l’ont pas fait, nous le faisons pour eux. »

La Carte responsabilité pour le cacao de Mighty Earth ouvrira de nouvelles perspectives et apportera un niveau de transparence sans précédent dans le secteur du cacao. La carte :

  • Indique les alertes de déforestation pour l’ensemble de la Côte d’Ivoire et se réactualise automatiquement toutes les deux semaines à l’aide de la plateforme IMAGES de Vivid Economics et de Remote Sensing Applications Consultants, un outil financé par l’Agence spatiale du Royaume-Uni.
  • Indique l’occupation des sols pour près d’un tiers de la région productrice de cacao, avec une couverture de l’ensemble de la Côte d’Ivoire prévue pour mars prochain ;
  • Indique la quasi-totalité des coopératives de cacao du pays, avec près de 5 000 coopératives répertoriées et des informations telles que :
    • Le nom, les coordonnées, le nombre de cultivateurs, la superficie couverte et le numéro d’enregistrement de la coopérative ;
    • La certification ou non de la coopérative par Rainforest Alliance/UTZ, ou Fairtrade International ;
    • La proximité de chaque coopérative par rapport à une aire protégée ;
  • Et, point essentiel, les clients de la coopérative, quelle que soit la source de cette information. Mighty Earth a intégré des renseignements sur la chaîne d’approvisionnement jusqu’au niveau de la coopérative pour Lindt, Cémoi, Nestlé, Hershey’s, Valhrona et d’autres sociétés. Mars a commencé à fournir ses informations. Certaines entreprises telles que Blommer ont refusé d'adopter la traçabilité et de publier des informations sur leur chaîne d'approvisionnement.

« La Carte responsabilité pour le cacao sera un outil formidable pour aider le secteur du cacao à assainir sa chaîne d’approvisionnement, poursuit Etelle Higonnet. Le gouvernement et le secteur du cacao peuvent s’en servir pour vérifier facilement la provenance de leur matière première. Une journaliste peut utiliser cette carte pour voir où la déforestation a lieu avant de se rendre sur le terrain pour mener son enquête. Un activiste peut faire des recherches sur un sujet comme le travail des enfants ou la déforestation puis utiliser la carte pour avoir rapidement une idée de qui pourrait acheter les produits qui en résultent. Ça change la donne ».

« Nous félicitons les entreprises qui ont participé et nous remercions le ministère ivoirien de l’Agriculture et le Conseil Café Cacao qui en fournissant des informations sur leurs milliers de coopératives ont fait preuve d’un courageux leadership. Mais il faut faire plus. Les gouvernements du Ghana, de l’Équateur et du Cameroun doivent prendre des mesures semblables pour améliorer leur transparence — il est vraiment dommage que le Ghana se retrouve à la traîne par rapport à la Côte d’Ivoire. Des entreprises comme Ferrero et Touton, qui n’ont jamais répondu à notre demande de données sur les coopératives, doivent emboîter le pas. Et des entreprises comme Blommer Chocolate, qui ont catégoriquement refusé de participer, doivent moderniser leur mode de pensée et se rallier à la révolution de la transparence qui secoue leur secteur. Plus important encore, les trois plus grands négociants, Barry Callebaut, Cargill et Olam, doivent rendre publics les noms des coopératives auprès desquelles ils s’approvisionnent ».

Mighty Earth a également lancé un appel à l’action pour ce secteur. « La World Cocoa Foundation, l’Association européenne pour le cacao et Caobisco doivent élaborer un protocole à l’échelle de la filière afin de rendre public l’ensemble des données sur les fournisseurs des sociétés d’ici le 30 mars, a déclaré Etelle Higonnet. En outre, nous demandons à la GISCO et à toutes les autres plateformes du même ordre d’obliger d’ici le 30 mars toute entreprise membre à divulguer ses données sur ses fournisseurs en remontant jusqu’à la coopérative de cacao ».

Mighty Earth a publié ce nouvel outil de transparence juste avant le début du pic saisonnier de déforestation en Côte d’Ivoire et au Ghana — de janvier à mars — et avant la tenue d’une importante réunion au cours de laquelle les principaux investisseurs et les représentants des gouvernements ivoirien et ghanéen se rencontreront pour débattre de l’avenir du suivi de la déforestation dans le cadre de l’Initiative Cacao et Forêts (ICF). La Carte responsabilité pour le cacao est un outil en croissance, en évolution et en amélioration constantes — toute information supplémentaire envoyée à Mighty Earth pour compléter ses données sera la bienvenue.


Cargill nommée « la pire entreprise au monde »

Cargill nommée « la pire entreprise au monde »

Un nouveau rapport documente « l’incompétence et l’incohérence à grande échelle » du géant américain de l’agroalimentaire..

Le 11 juillet 2019

MINNEAPOLIS, Minnesota – L’organisation de la campagne pour l’environnement Mighty Earth a annoncée aujourd’hui qu’elle avait désigné Cargill, basée au Minnesota, comme la « pire entreprise au monde » en raison de ses pratiques commerciales sans scrupules, de sa destruction de l’environnement et de son opposition continuelle contre les progrès mondiaux en matière de la protection de l’environnent et des ressources naturelles. Le nouveau rapport de Mighty Earth, Lien : Cargill: The Worst Company in the World documente des décennies d’inconduites de la part de la société et souligne la nécessité d’une action urgente.

« Au cours de mes 40 années de carrière au Congrès, j’ai confronté diverses entreprises qui se livraient à des pratiques abusives », écrit Henry Waxman, ancien membre du Congrès et président de Mighty Earth. « J’ai pu constater directement l’impact néfaste des entreprises qui n’apportaient pas leur code d’éthique et de conduite au travail. Mais Cargill se démarque. »

« En tant qu’une des plus grandes entreprises au monde, Cargill a la responsabilité de faire face à son impact démesuré, » a déclaré Glenn Hurowitz, P.D.G de Mighty Earth. « Mighty Earth mène des campagnes dans le monde entier pour plaider en faveur de pratiques commerciales respectueuses de l’environnent et le nom de Cargill n’a pas cessé de se manifester lorsque nos enquêtes ont identifié les mauvais acteurs. Que nous travaillions sur l’huile de palme en Asie du Sud-Est, la culture du cacao en Afrique de l’Ouest ou la culture du soja en Amérique du Sud, Cargill était toujours là, prête à contrecarrer les progrès et à entraver les efforts conjoints de conservation. Étant donné leur omniprésence et leur obstination, nous avons décidé qu’il était temps de regarder de près, leur passé douteux.

Depuis des mois, Mighty Earth a engagé des discussions avec Cargill, y compris au niveau du P.D.G, afin d’examiner les conclusions du rapport et de chercher des solutions à long terme. Mighty Earth a été l’organisateur principal dans d’autres secteurs – y compris le caoutchouc, le chocolat et l’huile de palme – dans la mesure où ses entreprises ont cherché à améliorer leurs normes et leurs impacts environnementaux. Cependant, Cargill a refusé, à plusieurs reprises, de résoudre concrètement les problèmes identifiés par Mighty Earth. Au lieu de cela, Cargill continue de donner priorité aux responsables de la déforestation de ses chaînes d’approvisionnement au lieu de donner priorité au climat ou aux exigences environnementales de leurs clients.

« Dans les communiqués de presse et les déclarations publiques, le géant de l’agroalimentaire Cargill se présente comme frustré par la déforestation, comme s’il s’agissait d’une cause externe sur laquelle il n’avait aucun contrôle, comme le mauvais temps », a déclaré Hurowitz. « Mais la déforestation n’est pas quelque chose qui arrive à Cargill, mais quelque chose que Cargill fait à l’environnement. »

Le nouveau rapport de Mighty Earth identifie Ahold Delhaize, un géant international des supermarchés et propriétaire de Stop – Shop, Giant, Food Lion, Hannaford et de nombreuses autres marques – comme un client clé de Cargill qui pourrait prendre des mesures immédiates. Ahold Delhaize, en dépit de ses propres engagements en matière de protection de l’environnement, a récemment ouvert le chemin à une nouvelle usine d’emballage de viande situé à Rhode Island en coentreprise avec Cargill.

« Il est important pour Ahold Delhaize et d’autres clients de Cargill d’établir de nouvelles normes d’approvisionnement qui éliminent la déforestation de leurs chaînes d’approvisionnement. Ils peuvent forcer la main de Cargill, mais l’inaction continue les rend complices des méfaits de Cargill », a déclaré Mat Jacobson, directeur principal du secteur des Forets à Mighty Earth. « Cargill ne s’en est tiré avec son mauvais comportement depuis longtemps que parce que ce n’est pas une marque qui négocie auprès du consommateur. Mais si les consommateurs savaient que leur nourriture achetée chez McDonald’s, Stop et Shop, ou Target détruisait les forêts tropicales ou avait été produite au prix de l’esclavage des enfants, ils seraient choqués.

La publication de ce rapport historique de Mighty Earth donne le coup d’envoi à une campagne pluriannuelle de plusieurs millions de dollars ciblant Cargill et ses clients qui exhorteront le géant de l’agroalimentaire à éliminer la déforestation et les atteintes aux droits humains de sa chaîne d’approvisionnement. Pour lancer la campagne, les activistes locaux de Mighty Earth et leurs alliés, y compris Clean Water Action du Minnesota, ont honoré Cargill de cette distinction douteuse lors d’un rassemblement devant le siège de Cargill dans le Minnesota au cours duquel elle a décerné à l’entreprise une plaque avec « pouces vers le bas ». 

À propos du rapport

Principales constatations :

  • Cargill est sur le point de faire encore des ravages sur les écosystèmes fragiles du Brésil, en profitant de la réduction des protections environnementales vitales par le président Bolsonaro. En 2014, Cargill s’est engagée à mettre fin à la déforestation dans sa chaîne d’approvisionnement pour tous ses produits d’ici 2020. Cependant, avec seulement un an restant, Cargill continue d’encourager la déforestation et reste l’un des pires acteurs sur la scène mondiale et est maintenant prêt à embrasser l’aube de l’ère-Bolsonaro avec la libre exploitation des forêts du Brésil.
  • En novembre 2017, Cargill a été condamnée à une amende de 10 millions de dollars par l’Organe de contrôle et de régulation des marchés financiers américains (Commodity Futures Trading Commission) pour les années de fausses déclarations délibérée en matière de ses valeurs commerciales—jusqu’à 90 pour cent—afin de frauder le gouvernement et ses partenaires commerciaux. En octobre 2018, David Dines, le directeur de Cargill et responsable de ces violations, a été promu au poste de directeur financier.
  • Au Brésil, les plantations de soja liées à Cargill ont envahi les terres des peuples autochtones tributaires des forêts. Ils ont été forcés de quitter leurs terres natives et ont connu une forte augmentation de cancers, de malformations congénitales, de fausses couches et d’autres maladies liées aux pesticides et aux herbicides souvent pulvérisés directement par avion et utilisés pour la culture du soja.
  • Cargill est l’un des dix principaux pollueurs de l’industrie alimentaire américaine pour plus d’une douzaine de polluants, y compris le formaldéhyde, le plomb, l’amiante, le cyanure d’hydrogène et le mercure.

Les ressources photographiques et vidéo relatives au rapport et aux activités de Cargill sur différents produits sont disponibles pour les médias.

Contact : Alex Armstrong, [email protected]


Pâques – Mighty Earth publie son guide d'achat 2019 du chocolat durable

Pâques – Mighty Earth publie son guide d'achat 2019 du chocolat durable

L’organisation décerne à Sucden un «Rotten Egg Award »Lindt reçoit un «Good Egg» 2019

À l’approche des fêtes de Pâques, l’organisation de plaidoyer Mighty Earth publie aujourd’hui un guide d’achat du chocolat durable. Ce guide qui évalue les politiques environnementales et les pratiques de 57 chocolatiers se présente comme un outil de référence simple qui permet d’orienter les consommateurs qui souhaitent offrir du chocolat durable à leurs amis et à leur famille.

Pâques représente la haute saison des ventes mondiales de chocolat, avec une part de marché bien plus importante que Noël, la Saint-Valentin ou encore Halloween. « Les consommateurs sont à la recherche d’options plus durables, a déclaré Etelle Higonnet, directrice de campagne pour Mighty Earth. Ils ne souhaitent pas offrir à leurs enfants des œufs de Pâques issus du travail des enfants ou qui auraient entraîné la mort de chimpanzés. Nous voulons faciliter leur choix, afin qu’ils puissent savourer des œufs en chocolat sans avoir se soucier si la société qui les a fabriqués a détruit un parc national africain pour s’approvisionner en cacao. »

Mighty Earth a décerné à Sucden la palme du « Rotten Egg » (œuf pourri) pour ses mauvais résultats dans toutes les catégories évaluées par l’organisation. De l’ensemble des négociants en cacao, Sucden s’est montré le plus réticent au changement. En effet, la société a refusé en bloc de dialoguer avec la société civile, de mettre en place la traçabilité de son cacao, de garantir un cacao sans déforestation et d’orienter sa production vers des pratiques plus durables comme l’agroforesterie. De plus, la société — qui contrôle entre 15 et 20 % du sucre mondial — refuse de garantir un revenu minimum de subsistance aux cultivateurs qui la fournissent en cacao. Elle n’a pas non plus réussi à éliminer le travail des enfants ni l’esclavage de sa chaîne d’approvisionnement.

« En substance, Sucden accepte ou ferme les yeux sur la déforestation, le désastre écologique d’une monoculture polluante, l’esclavage, le travail des enfants, et l’extrême pauvreté des cultivateurs, » poursuit Higonnet. « Si une entreprise mérite qu’on lui décerne un ‘Rotten egg’, c’est bien Sucden. »

Mighty Earth a également remis à Lindt, l’un des dix premiers fabricants de chocolat au monde, le prix du « Good Egg » (bon œuf) 2019. Cette année, Lindt a non seulement rejoint l’Initiative cacao & forêts (ICF), mais elle a devancé les normes de l’industrie. Son « Plan d’action agroforesterie et zéro déforestation » comprend des mesures draconiennes de transparence, comme la divulgation de sa chaîne d’approvisionnement qui liste les fournisseurs et les sites où la société s’approvisionne. Au cours des deux dernières années, Lindt a adopté une politique zéro déforestation à l’échelle mondiale, une traçabilité complète de chaque fève, la restauration des forêts et la mise en place d’une culture en agroforesterie avec un minimum de 30 % d’arbres d’ombrage. Elle s’est également illustrée par son approche haut stock de carbone. Cette méthode qui distingue la forêt des terres dégradées permet une mise en œuvre optimale des engagements pris par les entreprises pour lutter contre la déforestation, tout en garantissant les droits et les moyens de subsistance des populations locales.

Mighty Earth a inclus dans son évaluation 20 sociétés supplémentaires, des supermarchés pour la plupart, car près de 40 % des profits d’une tablette de chocolat reviennent aux supermarchés.

« La majorité des cultivateurs de cacao gagnent moins d’un dollar par jour. Comme la grande distribution se taille la part du lion, il est grand temps que les détaillants assument la responsabilité des violations des droits humains et des atteintes à l’environnement liées au cacao qu’ils vendent, a déclaré Etelle Higonnet. »

Mighty Earth a classé ces sociétés selon les mêmes critères que l’an dernier, en se fondant sur leurs politiques mondiales en matière de lutte contre la déforestation et plus spécifiquement pour l’Afrique de l’Ouest, mais aussi leurs pratiques d’agroforesterie. Ce dernier critère permet d’évaluer si les entreprises se détournent d’une monoculture « plein soleil » destructrice au profit d’un cacao agroécologique, cultivé sous ombrage et respectueux des forêts et de l’environnement. L’évaluation 2019 a toutefois ajouté un critère supplémentaire : la traçabilité. Au cours de l’année dernière, de nombreux acteurs du secteur ont accompli d’énormes progrès dans ce domaine, en traçant jusqu’à 80 % de leur chaîne d’approvisionnement directe, pour davantage de clarté, d’honnêteté et de transparence.

Mighty Earth a également ajouté une nouvelle colonne pour le revenu minimum de subsistance. Alors que des consommateurs sont en train de se demander s’ils mangeront d’abord les oreilles ou les pattes de leur lapin en chocolat, l’un des 90 millions produit chaque année pour les fêtes de Pâques, la majorité des cultivateurs de cacao se demandent s’ils pourront nourrir leur famille. La pauvreté des cultivateurs n’a fait qu’empirer ces trois dernières années. D’après des recherches menées par l’Université de Tulane, près de 2,1 millions d’enfants travaillent dans les plantations de cacao, et 96 % d’entre eux doivent réaliser des travaux considérés comme dangereux.

« Je peux comprendre que des parents aient un faible pour les friandises, et chipent des bonbons à leurs enfants, » dit Etelle Higonnet. « Mais je ne peux accepter qu’une industrie qui se chiffre à 100 milliards de dollars par an vole les cultivateurs qui travaillent dans des conditions intolérables pour les approvisionner en matières premières. »


Nouveau rapport : Un an après, les engagements du secteur du chocolat ne parviennent pas à stopper la déforestation

Nouveau rapport : Un an après, les engagements du secteur du chocolat ne parviennent pas à stopper la déforestation

Un accroissement de la déforestation a été enregistré dans plus de la moitié des aires protégées inspectées en Côte d’Ivoire, après les engagements des grandes entreprises du chocolat.

ABIDJAN ET WASHINGTON, DC – 7 DÉCEMBRE, 2018 — Malgré les engagements pris l’an dernier par les grands chocolatiers en faveur d’un cacao sans déforestation, le dernier rapport de Mighty Earth révèle que la déforestation liée au cacao s’est poursuivie en Afrique de l’Ouest, et s’est même intensifiée dans certains endroits. Le rapport intitulé Chocolat : mensonges sous emballage a identifié des points chauds de déforestation, y compris dans des aires protégées et des parcs nationaux. Ce phénomène met en danger les derniers refuges des éléphants de forêts et chimpanzés du pays et menace la stabilité climatique de la région. En Côte d’Ivoire, des analyses satellites ont montré qu’entre novembre 2017 et septembre 2018, rien que pour la région cacaoyère du sud-ouest, environ 13 748 hectares de forêt ont été détruits, soit l’équivalent de 15 000 terrains de football.

L’an dernier, les principales entreprises du secteur du chocolat et du cacao comme Hershey’s et Lindt se sont engagées aux côtés des représentants de la Côte d’Ivoire et du Ghana, les deux plus grands producteurs de cacao au monde, à transformer la filière en créant l’Initiative Cacao et Forêts (ICF). Ces derniers ont promis de mettre fin à la déforestation liée à la production de cacao, et de rendre cette dernière compatible avec la protection de l’environnement et des droits humains.

À l’approche de ce premier anniversaire, Mighty Earth a déployé un arsenal de satellites et de drones, et des équipes sur le terrain pour vérifier comment (et si) ces engagements ont été mis en œuvre avec en Côte d’Ivoire et au Ghana.

Or, le rapport montre que depuis le lancement de l’ICF, le taux de déforestation s’est accru pour plus de la moitié des aires forestières inspectées en Côte d’Ivoire. Cette déforestation viole l’engagement premier du secteur du chocolat et des gouvernements : mettre fin aux nouvelles cultures de cacao dans les parcs nationaux et dans les aires protégées.

« Les gouvernements de Côte d’Ivoire et du Ghana ont clairement échoué à mettre un frein à la déforestation en cours, a déclaré Etelle Higonnet de Mighty Earth. Le secteur du chocolat a passé l’année à se féliciter de ses engagements pour cesser immédiatement la déforestation liée au cacao, mais il continue à s’approvisionner en cacao auprès de fournisseurs impliqués dans la destruction des dernières forêts d’Afrique de l’Ouest. »

L’équipe de terrain de Mighty Earth a pu démontrer que les cultivateurs qui déboisaient pour la culture du cacao étaient encore en mesure de vendre ouvertement leur cacao sans encourir de représailles. Des cultivateurs surpris en train de défricher des forêts pour le cacao ont expliqué aux enquêteurs qu’ils ne s’étaient exposés à aucune sanction, à aucune interruption de la chaîne d’approvisionnement, ni même à des avertissements. Pour la forêt classée de Goin-Débé, par exemple, visitée par Mighty Earth lors de sa première enquête en 2017, les choses n’ont pas vraiment évolué. Une forêt a été défrichée et plantée de cacaoyers deux jours avant l’arrivée des enquêteurs, précisément dans l’aire protégée inspectée il y a moins d’un an. L’enquête de terrain a également mis en lumière du travail d’enfants dans les champs de cacao.

« Mighty Earth a applaudi les engagements pris l’an dernier par le secteur du chocolat, mais nous savons que ces promesses ne valent que si elles sont tenues, poursuit Etelle Higonnet. Nous avons aussi constaté que des progrès évidents ont été accomplis à certains endroits. Il est donc possible pour ces sociétés et les autorités locales d’entreprendre des changements positifs. Mais des sociétés comme Cadbury et SucDen refusent encore de s’engager à des politiques mondiales « zéro déforestation ».

La déforestation et le travail des enfants sont inadmissibles ; c’est pourtant ce qui se déroule encore sous nos yeux. Le secteur et les gouvernements des pays producteurs de cacao doivent s’attaquer à ce décalage inacceptable entre leurs engagements et leur mise en œuvre. Ils doivent le faire de toute urgence, avant que la prochaine « haute saison dangereuse » pour la déforestation, qui débute en janvier, ne provoque pour les écosystèmes d’Afrique de l’Ouest des dégâts irréversibles. »


La destruction de parcs nationaux par l’industrie du chocolat révélée par une enquête

Français

Sept 2017

La culture du cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana est responsable de la disparition de vastes étendues boisées, et met en péril l’habitat des chimpanzés et des éléphants

WASHINGTON DC. — Une nouvelle enquête menée par Mighty Earth et intitulée L’amère déforestation du chocolat, révèle qu’une quantité importante du cacao avec lequel Mars, Nestlé, Hershey, Godiva et d’autres grandes marques fabriquent leur chocolat est cultivée illégalement dans des parcs nationaux et des aires protégées en Côte d’Ivoire et au Ghana. Ces deux pays sont les plus grands producteurs de cacao au monde.

Ce rapport démontre que plusieurs parcs nationaux et aires protégées ont vu 90 % de leur surface, voire davantage, convertie en cultures de cacao, alors que les forêts denses ne recouvrent plus que 4 % de la Côte d’Ivoire. Le laxisme des chocolatiers en matière d’approvisionnement a également entraîné une déforestation massive au Ghana. En Côte d’Ivoire, la déforestation a chassé les chimpanzés qui vivent aujourd’hui dans des petites poches de forêts. Ce phénomène a aussi contribué à réduire drastiquement la population d’éléphants à 200-400 spécimens, quand ce pays pouvait s’enorgueillir jadis d’en compter plusieurs dizaines de milliers.

Trois sociétés, Cargill, Olam et Barry Callebaut, contrôlent à elles seules près de la moitié du marché mondial du cacao. L’enquête de Mighty Earth a remonté la filière du cacao, des cultivateurs installés dans les parcs nationaux aux intermédiaires et jusqu’aux négociants qui vendent ensuite ce cacao en Europe et aux États-Unis, là où les grandes sociétés de chocolaterie le transforment en tablettes, barres, pâtes à tartiner et autres en-cas.

« Le degré d’implication de marques célèbres de chocolat comme Mars dans la destruction des parcs nationaux et des aires protégées est choquant », a déclaré Etelle Higonnet, Directrice juridique et Directrice de campagne pour Mighty Earth. « Ces sociétés doivent immédiatement prendre des mesures fortes pour mettre un terme une bonne fois pour toutes à la déforestation, et remédier aux dégâts causés par le passé. »

Avec des forêts d’Afrique de l’Ouest au bord de l’épuisement, le secteur du chocolat a commencé à étendre son modèle non durable à d’autres régions tropicales humides comme l’Amazonie péruvienne, le bassin du Congo et les forêts paradisiaques d’Asie du Sud-Est.

 

« Nous espérons que ces autres pays prendront conscience des méfaits de l’industrie du chocolat en Côte d’Ivoire, et qu’ils empêcheront ses acteurs de répéter ailleurs leurs mauvaises pratiques », poursuit Etelle Higonnet. 

« Les anciennes forêts de notre nation étaient autrefois un paradis pour la faune comme les chimpanzés, les léopards, les hippopotames, et les éléphants. Aujourd’hui, elles sont fortement dégradées et déboisées, et sont sur le point de disparaître », a déclaré SIGNO Kouamé Soulago Fernand, Secrétaire général du ROSCIDET, un réseau d’ONG ivoiriennes spécialisées dans la protection de l’environnement et dans le développement durable.

« Cette déforestation est due principalement à la culture du cacao. Or, nous devons parvenir à développer une agriculture respectueuse des forêts et qui profite réellement aux communautés et à l’économie du pays. Les grands groupes chocolatiers doivent soutenir les actions du gouvernement en ce sens à la fois financièrement et sur un plan technologique. »

L’enquête a révélé que d’importants campements de cultivateurs de cacao, qui comptent parfois de dizaines de milliers d’habitants, se sont installés dans l’enceinte même d’aires protégées comme des parcs nationaux. Nous avons pu démontrer que des négociants achetaient ouvertement ces fèves cultivées illégalement pour les vendre ensuite aux plus grands chocolatiers du monde. Malgré les nombreuses initiatives publiques en matière de développement durable lancées par ces derniers, ces pratiques se sont perpétuées sans réel changement.

« L’industrie du cacao poursuit son exploitation des forêts et des communautés d’Afrique de l’Ouest pour un cacao vendu pour une bouchée de pain », a déclaré Sindou BAMBA, Coordinateur général de Regroupement des acteurs ivoiriens des droits humains (RAIDH). « Mais ce cacao bon marché coûte en revanche fort cher à la Côte d’Ivoire en matière de déforestation et d’abus des droits humains. Il est grand temps que ce secteur achète le cacao à un prix décent aux agriculteurs et qu’il mette en œuvre des pratiques de production durables afin d’assurer la résilience des écosystèmes locaux, car nous finirons tous par payer tôt ou tard le prix de la destruction de ces forêts. »

Les cultivateurs de cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana gagnent en moyenne moins de 0,82 $ par jour et travaillent souvent de longues heures dans des conditions dangereuses. Le travail des enfants reste encore une pratique courante pour ce secteur, malgré les promesses de nombreux chocolatiers d’éliminer cette pratique.

Ce rapport arrive à point nommé pour le secteur du chocolat qui doit saisir cette occasion pour prendre de véritables mesures orientées vers un futur plus responsable sur le plan environnemental. Au début de cette année, le Prince Charles a convoqué les PDG et hauts dirigeants de 34 grandes entreprises du secteur du chocolat pour les exhorter à agir contre la déforestation. Ces entreprises ont promis de présenter un plan concret en novembre, à l’occasion du prochain sommet sur le climat à Bonn. 

« Ce rapport montre que le secteur du chocolat proclame depuis longtemps des engagements en matière de développement durable, mais que cela ne l’a pas empêché de se comporter de manière indigne, a déclaré Etelle Higonnet. Le Prince Charles est parvenu à réunir les acteurs de ce secteur autour d’une table afin qu’ils réfléchissent enfin à des actions concrètes, et a créé ainsi une occasion unique pour impulser un changement possible. »

 

À propos de Mighty Earth

 Migthy Earth est une organisation internationale de campagnes environnementales qui s’attache à la protection des forêts, à la conservation des océans, et se préoccupe du changement climatique. www.mightyearth.org. Nous travaillons en Afrique, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine et en Amérique du Nord pour mener des actions à grande échelle en faveur d’une agriculture responsable qui respecte les écosystèmes naturels, la vie sauvage, l’eau et les droits des communautés locales. L’équipe mondiale de Mighty Earth a joué un rôle décisif en persuadant les plus grandes entreprises mondiales de l’agroalimentaire d’améliorer drastiquement leurs politiques et leurs pratiques environnementales et sociales.

Vous trouverez plus d’information au sujet de Mighty Earth sur : https://www.mightyearth.org/.

 

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