Un nouveau rapport identifie un marché secret pour l’huile de palme  liée à la déforestation

L’enquête révèle comment la multinationale Olam serait responsable de destruction de forêts au Gabon et en Indonésie 

PARIS (12 décembre 2016) – Un nouveau rapport lancé aujourd’hui par l’ONG américaine Mighty et l’ONG gabonaise Brainforest révèle qu’Olam, une des plus grandes multinationales au monde pour les cultures agro-industrielles, gère ses opérations de manière opaque. L’enquête a découvert qu’Olam est en train de créer un marché pour l’huile de palme liée à la déforestation, pour ensuite la revendre à sa clientèle qui comprend des compagnies parmi les plus connues au monde comme dont les clients comprennent PepsiCo, ConAgra, Unilever, Mondelez, et Nestlé, dont bon nombre se vantent de leurs politiques de « durabilité ».

« Olam gère une énorme ‘boite noire’ car son huile de palme provient de fournisseurs secrets », denonce Etelle Higonnet, Directrice de campagne et des questions juridiques à Mighty. « À titre de comparaison, les homologues d’Olam ont publié les noms de leurs fournisseurs immédiatement, tandis qu’Olam a décidé d’attendre jusqu’à 2020. Repousser ainsi cette date équivaut à agiter un drapeau vert aux producteurs d’huile de palme sans scrupules pour les inciter à déboiser le plus vite possible, avant que la politique d’Olam n’entre en vigueur. »

Les vidéos obtenues pendant l’enquête infiltrée de Brainforest montrent clairement comment Olam déboise les forêts du Gabon pour y établir la plus grande plantation d’huile de palme d’Afrique, et d’hévéa culture dans un pays qui est une véritable arche de Noé pour la biodiversité. Les forêts du Gabon abritent un nombre impressionnant d’animaux emblématiques de la faune africaine comme les gorilles, les chimpanzés, et les éléphants de forêt. L’analyse de données satellite a permi d’estimer que depuis 2012 Olam a déboisé environ 20 000 hectares de forêts dans quatre concessions au Gabon. Des photos et des vidéos révèlent de grands espaces de forêt dévastés, avec des arbres emblématiques et anciens arrachés au bulldozer et coupés à la tronçonneuse.

« Olam se vante d’être un leader en durabilité à travers le monde, mais c’est bien loin de la réalité au Gabon » souligne Marc Ona Essangui, Secrétaire Exécutif et membre fondateur de l’ONG environnementale Brainforest ainsi que lauréat du prix Goldman. « Après un combat que je mene depuis plusieurs années, j’espère qu’enfin ce rapport poussera Olam à adopter des normes qui sont réellement protectrices de nos forêts précieuses, dont dépendent nos communautés ainsi que notre faune iconique et notre patrimoine ».

L’étendue de la déforestation qui a été documentée met Olam en porte à faux avec ses promesses envers le Conseil pour la bonne gestion des forêts (FSC – Forest Stewardship Council). Olam fait partie d’une tendance lourde de multinationales Asiatiques s’apprêtant à implanter en Afrique un modèle de développement agricole qui a contribué à la destruction de vastes territoires naturels en Asie du Sud-Est et de violations de droits de l’homme.

L’enquête explique comment, de 2011 à 2015, Olam a multiplié par vingt son volume commercial d’huile de palme afin de passer de 71 000 à 1,53 millions de tonnes, soit près de 2,5 % de l’huile de palme mondiale aujourd’hui. Cependant, cette expansion n’est pas venue de pair avec une transparence améliorée. Olam refuse de publier ses fournisseurs tiers, qui fournissent 99% de son volume mondial d’huile de palme, étant donné que moins d’1% de son huile provient de ses propres plantations. Les défaillances d’Olam en matière de transparence contrastent défavorablement avec ses homologues comme Wilmar International et Golden Agri-Resources, car les autres principales sociétés d’huile de palme qui contrôlent la majorité des échanges mondiaux en la matière ont presque tous adoptés une politique ferme pour la conservation des forêts et la transparence.

Le résumé exécutif ainsi que le rapport technique, les vidéos, la cartographie, les photos satellitaires, les photos aériennes sont disponibles sur www.mightyearth.org/blackbox et www.brainforest-gabon.org

Mighty est une organisation qui se spécialise en campagnes environnementales globales pour protéger les forêts, les océans, et lutter contre le changement climatique.

Brainforest est une ONG gabonaise œuvrant pour la protection des forêts, les combats environnementaux, et la promotion des droits des communautés locales et autochtones.

POUR PLUS D’INFORMATIONS :
Etelle Higonnet, Mighty Earth, +33673821019
Marc Ona Essangui, Prix Goldman 2009, Brainforest, +33644268332

Featured photo of  of Olam palm oil plantation, Ngounié, Gabon, March 2014.